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Pédagogie du sensible et gouvernance partagée : l’expérience transformatrice de l’UdN
UdN
le 26 novembre 2019
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Avec l’UdN, la question de la gouvernance partagée, de la coopération et de la relation au pouvoir se pose, entre autres, par l’expérience du sensible. En effet, depuis 10 ans, l’UdN construit sa pédagogie via notamment des espaces dits « sensoriels ». 

Il s’agit de proposer des exercices et/ou des expériences passant par le corps, pour permettre, par le ressenti, de conscientiser ce que serait ou ne serait pas la posture de coopération pour chacun·e. Nous utilisons pour cela des pratiques d’intériorité et d’expression corporelle.

Pédagogie du Sensible Gouvernance partagée Université du Nous

L’art et la méditation comme sources d’inspiration coopérative

Inspirée de la méditation, du théâtre, du chant, des arts scéniques et des arts martiaux, intégrant des dimensions ludiques et/ou profondes, cette pédagogie dite « sensible » permet une compréhension, souvent plus fine et ancrée dans l’éprouvé du corps, de concepts, d’idées, de sensations, d’émotions qui se rattachent directement à notre façon d’être, de réagir et d’agir quand nous avons à coopérer avec d’autres. Elle permet également de prendre conscience de nos stratégies de compétition, de fuite, de difficulté à l’engagement, de résistance, quant à notre rapport à l’autorité, au pouvoir et selon nos conditionnements de dominations et/ou de soumissions.

Cette pédagogie sensible, telle que nous la nommons nous apparaît comme un démultiplicateur, un accélérateur de prise de conscience, individuelle tout  d’abord quant aux différentes postures relationnelles explorées en lien avec soi et avec l’Autre et collective ensuite par la puissance de l’énergie ressentie à travers l’action commune.

Par exemple, la simple expérience qui consiste à vivre un profond silence en groupe – conscient·e·s de l’intention de co-construire ce silence ensemble, de le vivre autant à l’intérieur de soi qu’à l’extérieur – provoque déjà un lien singulier à l’autre et au groupe. Celui-ci se construit par une profonde présence, par une attention collective qui dissout nos jugements et favorise le vécu de moments subtils d’humanité. 

L’exercice du « vol d’étourneaux », possible que si « le lead » est tournant et jamais figé, ou la posture de souteneur·se devient une prouesse indispensable, nous permet de vivre une forme d’organisation vivante, agile, poétique et sensible qui s’auto-organise et se gouverne de façon autonome. Ici, le pouvoir est réellement partagé et la coresponsabilité nécessaire pour servir et atteindre l’objectif collectif de faire « Chœur ».

Et plus loin, quand un groupe se lance dans un défi qui consiste à une improvisation corporelle qui n’est ni de la danse (codifiée), ni du théâtre (une histoire préétablie), et qu’il réussit à toucher cette présence particulière à soi et à tout ce qu’y constitue son environnement du moment, l’individu fait concrètement l’expérience d’une seine interdépendance créative. Le groupe tend vers un résultat au-delà de processus mentaux, de prise de pouvoir individuelle parce qu’il cultive alors une forme de confiance au-delà du moi, développe l’intuition et s’ouvre à une justesse de ce qui est vivant et utile ici et maintenant. C’est ce que nous pourrions appeler une expérience de coopération irréversible. 

Une transformation profonde à relier avec nos réalités matérielles  

Parce qu’elle est sensible, émotionnelle et spirituelle, elle peut transformer en profondeur notre rapport au monde. Parce qu’elle inscrit l’apprentissage dans notre mémoire du corps et du coeur, elle saura nous guider comme une boussole lorsque nous aurons à travailler ensemble, à décider ensemble, à faire ensemble. 

Certes, restons humble et prudent. Ce type d’expérience de groupe peut aussi nous illusionner par son caractère émotionnel fort, par son effet groupal qui nous fait toucher des sensations d’union voir de communion. Ici, il n’y a pas d’autres enjeux que d’être ensemble, de créer sans autres contraintes que celle du groupe et de soi-même et ce de façon totalement éphémère.

Nous ne sommes pas contraint·e·s à des décisions stratégiques, à gérer des budgets ou à faire face aux contraintes d’une organisation ancrer dans ses réalités sociales, économiques et de pérennité. Parce qu’elle peut nous faire toucher à la puissance de la coopération et nous transformer suffisamment pour que nous emmenions ces graines dans nos collectifs et nos entreprises, alors elle participe bien à une bascule plus large, plus globale, sociétale.

Une expérience à vivre en grand !

Depuis quelques années, l’UdN est appelée à travailler avec des groupes de tailles de plus en plus importantes jusqu’à désormais, expérimenter avec des groupes de plusieurs centaines de personnes. J’ose imaginer que nous pourrions le faire avec  des milliers !

banniere An Rézo

Une expérience de coopération sensible et irréversible à vivre lors de L’An Rézo,
le 6 décembre à la Cité Fertile (Pantin – IdF)

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