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1 semaine pour et avec La Bascule
UdN
le 3 mai 2019
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Du 1er au 5 avril dernier, l’Université du Nous a animé un séminaire exceptionnel de lancement de l’équipe opérationnelle de La Bascule à Pontivy. Dans une posture de transmettrices, de “métaviseurs” et de facilitatrices du processus général de structuration, nous avons accompagné l’émergence de cette organisation atypique, mouvement de lobbying citoyen pour inverser le rapport de force et amorcer, enfin, une véritable transition écologique et sociale en France.

 

Nos motivations à participer

L’UdN considère qu’il est toujours nécessaire que les acteur·rices et partenaires d’un même projet trouvent “l’espace du dévoilement” pour se dire. Coopérer, pour nous, passe par la conscience que la coopération n’est pas un acte de bonne foi, généreux et engagé, mais davantage la réponse à un besoin de l’individu·e, du groupe ou de l’organisation. Aussi, si l’UdN a souhaité coopérer au projet La Bascule, elle a d’abord identifié ses propres motivations et ce qu’elle souhaitait nourrir de personnel dans cette aventure.

Nous avons identifié et ressenti comment ce projet venait servir notre Raison d’Être actuelle (Faire Humanité / Explorer la posture de coopération / Cultiver les communs).

Et plus précisément :

  1. La Bascule est un projet que certains d’entre nous pourraient qualifier d’un peu fou, très intuitif, pas très construit, dans une énergie de « révolution » qui est dans l’air du temps (il n’est plus temps de discuter ou d’imaginer comment nous pourrions faire ensemble, il est temps de le faire). C’est cette énergie que nous ressentons et reconnaissons comme proche de celle qui a construit l’UdN.
  2. Depuis ses début (10 ans), l’UdN cherche ce qui pourrait permettre aux organisations dites de Transition (tous les champs confondus) de réellement coopérer au service d’une Raison d’Être plus grande que leurs Raisons d’Être individuelles. Autrement dit, de coopérer pour une transformation sociétale de masse (changement d’échelle). C’est ce que nous appelons la supra-organisation, ou l’archipellisation de nos mouvements, de nos organisations, de nos structures…  Cette forme de puissance attendue et recherchée dans la transition ne serait pas une organisation supérieure, ni la centralisation d’un pouvoir bienfaiteur, sage ou légitimé par ses valeurs. Ça ne peut pas non plus être une organisation de très grande taille qui engloberait toutes les autres. Il nous semble qu’il s’agit plutôt d’une forme d’organisation en réseau organique, biomimétique, un réseau intelligent et agile, dont la gouvernance découlerait d’une pratique, d’une culture commune du faire-ensemble, telle que nous la pratiquons avec :
  •    une souveraineté des acteurs et actrices,
  •    un cercle de coordination de l’action et décisions s’appuyant sur un pouvoir DE (faire/agir) et non sur un pouvoir SUR (l’autre),
  •    une posture humaniste et au-delà (inclusif de ce qui est autre qu’”humain”, passer du visible à l’invisible),
  •    une capacité d’apprentissage par itération et par une culture des communs de la connaissance,
  •    une volonté de mutualisation et de différenciation des actrices et acteurs,
  •    l’intelligence collective et la gouvernance partagée comme fondement, garanti par des conditions de non-contrôle individuel et collectif.
  1.  Nous ressentons depuis quelques années la nécessité d’apprendre à animer des évènements avec des grands groupes, sur des temps courts, et qui pourraient avoir le même impact individuel et collectif que nos séminaires actuels qui gèrent des groupes de 10 à 45 participant·e·s. En effet, des mouvements émergent (type La Bascule) et ont besoin de s’organiser de plus en plus vite et avec de plus en plus de personnes.

Il nous faut changer d’échelle. Créer des expériences transformantes et apprenantes pour des grands groupes (de 100 à 500, voire 1000 personnes) nous semble une clé pour l’avenir.

6 mois pour La bascule - Université du Nous - Gouvernance Partagée - avril 2019

Les accompagnements sur le long court et le travail de posture minutieux que l’UdN réalise avec les individu·e·s et les organisations sont précieux, mais doit trouver un autre rythme. Depuis 2 ans, nous mettons de l’énergie sur une nouvelle façon d’accompagner (Accompagner à s’accompagner soi-même). Le projet des Jardinier·e·s du Nous, qui entrevoit la construction d’une communauté auto-apprenante – souveraine et tournée vers le bien commun – est une tentative vers ce changement d’échelle. De même, les MOOC (formation de masse en ligne avec des soutiens par webinaires) et la création de groupes de pairs en Codev nommés « jardins » sont de nouvelles formes d’essaimages rapides et efficients répondant à notre stratégie actuelle.

  1.  Le projet La Bascule est aussi l’occasion de tenter la posture de coopération entre les organisations. Les enjeux sont élevés, la découverte d’une nouvelle manière de faire-ensemble le sera tout autant. Par là-même, Il est important que notre participation puisse aussi servir un apprentissage et une capitalisation (work in progress géant), afin d’acculturer a posteriori un maximum d’individu·e·s et d’organisations. Notre intention est de générer une communauté d’acteurs et inspiratrices de cette culture du faire-ensemble, par la réalisation de “communs de la connaissance” en open source.

En résumé : le résultat visé ou plus précisément l’ambition du projet La Bascule (à 6 mois) nous intéresse par son énergie (révolution/action/urgence/détermination), par son intensité (70 jeunes engagé·e·s, la personnalité et l’énergie de Maxime de Rostolan – en tant que personne source) et par son ambition politique et philosophique de transformation sociétale.

L’ensemble constituait pour nous les ingrédients d’un challenge à relever, d’une expérience unique que nous souhaitions servir pour le projet de La Bascule et plus largement pour notre société.

Le séminaire La Bascule

Nous avons donc proposé 5 jours de co-animation en gouvernance partagée, avec 70 participant·e·s et une équipe de 7 personnes de l’Université du Nous.

En posant le cadre du faire-ensemble, en créant le Nous, en leur permettant de se rencontrer autrement, dans le cœur et le corps, en leur faisant découvrir les outils et postures de la gouvernance partagée dans une recherche d’équilibre entre l’horizontalité, une saine verticalité et la profondeur de notre humanité… nous leur avons fait vivre un voyage, un processus global qui met en lumière l’articulation entre le Je et le Nous et le passage du Nous à l’Organisation.

Nous avons donné le meilleur de nous-mêmes et de l’Université du Nous pour accompagner ces 70 joyeux·ses utopistes à faire basculer la gouvernance de leur mouvement… avant de faire basculer celle de notre société.

A leurs côtés, nous avons vibré à l’idée que tout est encore possible, que nous pouvons mettre en place un nouveau monde connecté au vivant, à la confiance, à la joie.

Comme d’autres secoueur·se·s de cocotiers portant les mêmes convictions que les nôtres, ils et elles ouvrent une parenthèse vers un autre chose, un ailleurs… et nous portons l’espoir que cette parenthèse ne peut plus se refermer.

Marion et Laurent VD

Pour en savoir plus sur ce séminaire et ses aboutissants, un article sur le site de La Bascule : Fin du séminaire de gouvernance de La Bascule à Pontivy

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