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Vidéo de la conférence ‘Gouvernance Partagée : Promesse, Illusion et Réalité’
UdN
universitedunous
octobre 1, 2020
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A découvrir, une conférence donnée par Lydia Pizzoglio et Laurent van Ditzhuyzen le 7 juillet 2020 à l’occasion d’une semaine d’e-conférences internationales sur l’innovation sociale et technologique, organisée par Well Grounded.

Production : Université du Nous
Images : Chercheur d’images
Montage : Florian Celette
Communication : Marion Cremona

 

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3 dimensions pour un corps présent et souverain
UdN
universitedunous
septembre 28, 2020
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Tout commence par le corps 

Dans les espaces qui nous sont familiers tels la maison, notre lieu de travail ou le chemin entre l’un et l’autre, nous faisons des gestes de routine, des gestes qui nous sont habituels. Dans ces endroits, sans trop avoir à y penser, nous savons évoluer. Nous avons internalisé la distance entre les meubles, la place des interrupteurs, la façon dont s’ouvrent les portes et les placards. Nous nous déplaçons dans la rue, en voiture, dans les transports en commun de façon routinière. Nous nous servons de ce que j’appellerai notre corps ‘’quotidien’’.

Pendant les exercices sensoriels pratiqués durant les séminaires de l’Université du Nous et la coopérative HUM !, j’encourage les participant·e·s à cultiver un autre mode de fonctionnement : celui du corps ‘’présent’’. Le corps présent n’est pas le corps quotidien. Il est alerte, réceptif, vibrant et ancré. Là où le corps quotidien utilise ses automatismes, le corps présent, lui, se perçoit et perçoit son environnement en conscience. Pour activer cette présence, nous travaillons à mettre en corps trois dimensions : la profondeur, la verticalité et l’engagement. Mais à quoi se réfèrent ces dimensions ? De quelles façons les aborder, comment les cultiver ? Et que travaillons-nous au travers du corps présent ?

(suite…)

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Gouvernance Partagée : promesse, illusion et réalité
UdN
universitedunous
juin 9, 2020
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L’Université du Nous semble aujourd’hui très clairement associée à cette appellation « la gouvernance partagée ». En effet, elle a largement œuvré à faire « descendre sur terre », comme le dit mon ami Bernard Marie Chiquet, ce double mot qui dit tout sans rien en dire !

Article-GP

Il y a 10 ans, quand l’aventure de l’Université du Nous a commencé, le simple terme de gouvernance était tellement connoté que nous devions systématiquement nous en expliquer. En effet, dans les esprits conditionnés par quelques centaines d’années de systèmes pyramidaux, la gouvernance est donc tenue par une personne, au mieux, quelques individus. Ce à quoi, nous précisions qu’une gouvernance est la forme plus ou moins complexe qui structure et régit le fonctionnement organisationnel, social et relationnel des individus d’un système. Autrement dit, ce sont donc les règles qui régissent un groupe ou une organisation.

Gouvernance partagée entre croyance d’une unanimité évidente et d’un épanouissement personnel sans faille

Le fait de lui associer les termes “gouvernance” et  “partagée” crée dans notre imaginaire une forme d’ambiguïté qui, soyons clairs, a fait une partie de notre succès. Oui, cette ambiguïté est venue redonner de l’espoir à toutes celles et ceux qui ont vu derrière ces deux mots accolés la solution à leurs problèmes. Sortir du pouvoir unilatéral, voire même sortir du pouvoir tout court pour aller vers une forme d’égalitarisme décisionnel où chaque point de vue serait pris en compte et où le joyeux consensus règnerait en roi. Plus de conflit puisque nous serions toujours toutes et tous d’accord !

Plus de leader également souvent perçus comme les détenteurs égotiques du pouvoir. Mais plus de suiveur non plus, puisque le pouvoir partagé redonnerait à chacun·e sa pleine et légitime place dans le collectif. Comme un outil ou une méthode magique, la gouvernance partagée est venue répondre aux fantasmes pluriels des un·es et des autres, au secours des blessures accumulées dans les tréfonds des individus qui se débattent avec le fait d’être ou de se sentir manipulé, dominé, dépendant, ou qui ne trouvent pas leur place, leur puissance, leur émancipation pourtant tellement souhaitée ! 

Et puis il y a celles et ceux que le pouvoir partagé fait frémir, celles et ceux qui y voient la perte de leur pouvoir acquis par un privilège social ou chèrement gagné par une lutte individuelle ou collective. Ce même pouvoir est porteur de façon réelle ou illusoire d’une toute puissance et d’une façon d’exister, de se sentir vivant et légitime… alors quel risque énorme cela serait pour elles-eux de le remettre en question ! Bref… Le combat continue !

Difficile de partager une même vision du monde face à nos histoires intimes si différentes 

Bon nombre ont dû se confronter à une toute autre réalité et traverser une profonde déception. Le mur a été impitoyable ! Car jamais la gouvernance partagée n’a tenu pareille promesse. Aucun système ou modèle à ma connaissance ne permet un tel résultat. Et pour cause ! Nos différences de personnalité, l’endroit où nous en sommes sur notre chemin personnel, la connaissance de nous-mêmes, de nos forces, de nos fragilités, nos egos plus ou moins blessés, bref… Ce qui fait la richesse de l’être humain est bien notre diversité, nos singularités qui sculptent notre façon toute personnelle de voir le monde. Nous ne pouvons donc pas nous mettre d’accord sur tout et particulièrement quand il s’agit de notre vision du monde. Parce qu’elle cache et construit nos croyances, nos valeurs, nos zones de lumière comme nos zones d’ombres, notre vision du monde abrite nos secrets les plus intimes, elle s’est construite sur notre histoire. Elle ne parle qu’à nous.

Les choix de rémunération à l’épreuve 

Prenons l’exemple des rémunérations. En gouvernance partagée, certain·es pensent que nous devons œuvrer en toute égalité, donc obtenir de l’organisation des rémunérations identiques, sans considération des écarts de compétences, de l’ancienneté ou autre aspect qui peut différencier un salaire. D’autres ne souhaitent pas tomber dans cette forme de “lissage”, “d’extrême égalitarisme” comme certain·es peuvent le nommer. Ils et elles souhaitent valoriser leurs études spécifiques, leurs expériences singulières ou leur ancienneté. D’autres encore souhaitent définir des critères où chacun·e est libre de travailler le temps qui est juste pour lui ou elle, qui correspond à son rythme, à son envie, à sa capacité. Ainsi, F. souhaite être payé·e 1500 euros/mois pour 10h de travail/semaine au regard de conditions personnelles difficiles, quand B. aura le même salaire pour 35h/mois, parce que par ailleurs, une rente lui permet de vivre aisément. Enfin, une autre voix/voie pense que nous devons tenir un engagement sans faille à très basse rémunération, presque de façon sacrificielle pour atteindre les objectifs souhaités. Bref… Il n’est pas simple de se mettre d’accord sur un sujet qui vient toucher en profondeur la valeur des choses et de nous-mêmes, notre engagement et notre besoin de réussite, de reconnaissance ou d’épanouissement. A travers notre rapport à l’argent, nous venons tenter de soulager nos blessures, confirmer nos croyances, respecter / revisiter des valeurs qui nous sont intrinsèques et qui répondent à un devoir de fidélité à nos familles ou nos ancêtres ! 

Gouvernance partagée ou distribuée ou agile, différents noms pour un même objectif : changer de paradigme personnel et collectif

Aujourd’hui, certain·es parlent de gouvernance distribuée, ou agile, toutes sortes d’appellations qui tentent de nous rapprocher de ce que chacun·e souhaite y voir advenir.

Ce bouillonnement est pourtant le signe réel que quelque chose bouge. La conscience se fait plus large et la nécessité de faire face à un système qui touche à sa fin et qui ne trouve pas sa solution pour survivre nous appelle à un changement qui va bien au-delà d’une méthode, d’outils ou de techniques. Nous réaffirmons encore et toujours qu’il est temps que les paradigmes qui fondent aujourd’hui la quintessence de nos sociétés mutent. Mais si nous continuons à croire prétentieusement que notre esprit est suffisamment fort pour inventer une solution miracle qui transformerait ce que nous avons inscrit au fer rouge par une méthodologie bien huilée de ces processus coercitifs, alors nous oublions que le premier pas est d’abord d’accepter qu’une partie du problème et de la solution est en nous. Descendre à l’intérieur de soi pour y rencontrer ce qui me fait haïr ou adorer un modèle plutôt qu’un autre, ce qui me fait peur, ce qui soulève ma colère, ce qui me remplit de tristesse… alors je peux trouver l’opportunité de toucher mes blessures et y découvrir une forme d’humilité sincère qui m’indique que je ne peux rien changer si je ne change pas moi-même, et avec l’appui de l’autre.

Sortir de la volonté orgueilleuse de construire un système de gouvernance parfait

C’est en cela que l’Université du Nous s’est toujours définie sans modèle, convaincue que la perfection n’existe pas. Pourtant, nous avons bien une gouvernance, des règles, une structure inspirée de modèles et d’outils. Certes, mais là aussi nous ne savons pas nous mettre d’accord sur ce sujet. Certain·es d’entre nous pensent qu’il est nécessaire de faire référence à un modèle particulier, de définir un cadre clair, rassurant pour ne pas avoir à le réinventer sans cesse, un cadre rigoureux qui nous empêche de tricher et de retomber dans les travers de la manipulation. Oui, nous accompagnons sur la base d’une transmission qui utilise les processus et l’esprit de l’HolacracyTM et de la sociocratie. Oui, nous avons construit une vision singulière de la gouvernance partagée sur laquelle nous nous appuyons pour fonctionner et accompagner nos client·es. Mais il s’agit toujours de notre façon de voir le monde exprimant nos points de vue spécifiques et nos aspirations philosophiques et politiques. Pour moi, l’important n’est pas de trouver des compromis entre toutes et tous sur ces sujets de fond. Mais de tenir l’esprit de départ qui accepte le paradoxe du vivant, créatif et imparfait rendant l’organisation fragile, vulnérable et dans l’acceptation de sa finitude possible, à l’image des hommes et des femmes, des humains qui l’ont fait advenir. Continuons à nous confronter à notre petitesse, car c’est quand nous sommes capables de la reconnaître et de l’accepter que notre grandeur peut émerger.

Laurent Van Ditzhuyzen I cofondateur de l’UdN

Avec pour la relecture, le soutien de Marion Cremona et Gabrielle Mirbeau

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L’UdN fête ses 10 ans et fait le bilan avec vous !
UdN
universitedunous
juin 9, 2020
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2020, l’Université du Nous entre dans sa 9° année, un cycle s’achève. Doucement, nous commençons à préparer la célébration de ses 10 ans, belle opportunité pour poser nos valises un temps et regarder derrière avant de continuer la route.

C’est donc avec une grande joie que nous vous présentons le site dédié à la célébration de ses 10 ans !

bouton site 10 ans

Vous y retrouverez toute l’actualité sur les 10 ans et la démarche de mesure d’impacts auprès des participant·e·s de séminaires et des accompagnements d’organisations réalisés par l’Université du Nous / Hum !.

Dés à présent, découvrez la rubrique Juliette (en)quête ! Juliette fait le tour des organisations accompagnées par l’UdN avec son stylo, son carnet et sa caméra pour récolter leur précieux témoignage et ainsi nourrir le bilan de ces 9 premières années.

Bouton Juliette (en)quête

Participez aussi à nourrir ce bilan, en partageant votre expérience individuelle et collective issue des séminaires et/ou d’un accompagnement pour votre structure. 

Bouton questionnaire

 L’histoire s’écrit, se raconte, se fête ! Parce que 10 ans, c’est pas tous les jours.

 

site 10 ans UdN

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La transition écologique et sociale à l’échelle des municipalités : l’expérience Deep Dive and Dream Big
La forêt qui pousse
universitedunous
mars 27, 2020
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C’est une histoire sur la transition écologique et sociale qui commence en juin 2019, avec un mail de Sarah Mc Adam et Filippa Pimentel- de Transition Network (TN), mouvement de transition né en Grande Bretagne et désormais international – m’invitant à rejoindre un projet européen financé par KR Fondation  : « Deep dive and Dream big » : plonger en profondeur et rêver en grand. L’idée : concevoir un processus pour réfléchir à une transition soutenable à l’échelle municipale. Ayant accompagné TN entre 2017 et 2019 dans son changement de gouvernance, j’ai été sollicité au nom de l’UdN pour monter ce projet en gouvernance partagée aux côtés de TN et d’autres acteurs et actrices. Le sujet ayant évidemment du sens : nourrir une transition que nous rêvons aussi à l’UdN, je me lance dans le projet, attiré par la gouvernance à mettre en place dans des conditions particulières : à distance et en anglais. 

Deep Dive Transition

De l’élan fondateur aux difficultés à conduire le projet de transition écologique et sociale

Dès septembre, un cercle coeur de quatre personnes dont je fais partie se constitue et travaille d’abord les intentions profondes du projet « Deep dive and dream big » . Au fil d’échanges passionnés et attentionnés, nous co-créons un processus centré sur une rencontre de cinq jours pour 80 personnes prévue fin novembre à « See U » , un lieu alternatif d’occupation temporaire d’une ancienne caserne à Bruxelles. Ce processus a l’ambition de nourrir la question : « comment pouvons-nous mieux soutenir les acteurs et actrices pour co-créer et soutenir des réponses ambitieuses et inclusives à la crises écologique et sociale, à l’échelle des municipalités ? ». Nous souhaitons rassembler des activistes, des élu·es, des membres d’ONG, des chercheur·ses, … pour une expérience collective profonde connectée à la gravité de la situation écologique et sociale.

Nous fonctionnons au départ de manière fluide et organique, avec un cercle coeur oscillant de quatre à huit  personnes – reliées à d’autres – porteur des rôles communication, logistique, animation, invitations et lien local. Nous faisons un point régulier en utilisant le processus de triage et les « tensions » des rôles. Nous prenons des décisions clés pour penser un projet qui pourra toucher une profondeur via une expérience collective.

Mais rapidement, nous rencontrons des difficultés : même si une vingtaine d’organisations se rallient au projet, peu de personnes ont le temps de s’investir en continu. Cela fait porter beaucoup de responsabilités sur les deux initiatrices principalement, qui peinent à maintenir des gens sur les rôles importants pour l’organisation de l’évènement, et commencent à fatiguer. De plus, il s’avère difficile de toucher un public éclectique pour une représentation large d’un système d’acteurs et actrices pertinentes. 

Ainsi début novembre, nous décidons de reporter l’événement à début mars, confiant·e·s dans l’intuition que prendre notre temps permettra d’en gagner sur le long terme. Soulagé·e·s, nous réunissons une partie de l’équipe fin novembre à Bruxelles pour faire du lien, revisiter les intentions et affiner un processus. En trois jours, nous réajustons un scénario où chaque participant·e pourra partager ses expériences. Nous renforçons l’idée que ce projet, bien que conduit à un niveau européen, doit intégrer les problématiques de toute l’Humanité avec les traumatismes vécus par les minorités depuis des siècles. Challengé par la langue anglaise et les changements d’équipe, je ressors fatigué de cette rencontre… 

Entre fin 2019 et début 2020, nous vivons des changements, des pauses et des abandons parmi les membres de l’équipe organisatrice. L’énergie d’action manque au coeur de ce projet de moins en moins fluide. Nous sommes réellement challengé·e·s sur notre volonté à le réaliser. Mais le coeur tient, et enracine la volonté d’aller s’appuyer sur les problématiques profondes de notre société pour chercher des solutions puissantes et ancrées. En plus, une équipe de huit facilitateur·rice·s est prête à s’investir coûte que coûte lors de ces cinq jours. Malgré le besoin d’une pause, je sens en moi une voix très faible mais ancrée qui me dit : « C’est important, fais-le… ».

Deep Dive Transition 2

Ensemble, tenir le processus de coopération et accepter ce qui arrive

Le 4 mars 2020, nous avons une liste de presque 60 inscrit-e-s dont des élu·e·s locaux, un lieu vide juste pour nous, une équipe de bénévoles pour la logistique, et une journée devant nous. L’équipe de facilitateur·rice·s n’ayant jamais travaillé ensemble mais regorgeant d’expériences d’animation est disponible pour finaliser une grosse partie de la préparation. A défaut de processus clairs et maîtrisés par tous et toutes, nous avançons entre intelligence collective, pseudo consensus ou consentement pour mettre en place ce qu’il faut pour démarrer la rencontre. Adaptation, écoute, lâcher-prise, ouverture, … le fond de notre posture coopérative est activé, alors qu’il faut décider et agir rapidement. En moi, ça tangue mais ça tient : j’ai confiance dans le processus et les personnes même si je suis loin de tout pouvoir contrôler. 

Jour J1, 10h05, ça démarre. 34 personnes seulement sont là dans une grande salle aux peintures impressionnantes. Pas d’élu·es, ils et elles ont été appelé·e·s en urgence ailleurs. Les chaises n’ont pas été livrées à temps. Les toilettes ne fonctionnent pas. Nous sommes en rupture de stock de solution hydro alcoolique – comme tout Bruxelles en fait. Une atmosphère d’effondrement parfumée de Coronavirus est palpable sur le Deep Dive…

Mais les participant·e·s venu·e·s de Grande Bretagne, Belgique, France, Portugal, Espagne, Hongrie… sont bien là, décidé·e·s à se rencontrer, à vivre des choses et à construire ensemble. Il semble que les personnes qui sont là sont les bonnes même si le panel escompté n’est pas pleinement réuni. Et puis certain·e·s arriveront plus tard, nous l’espérons timidement. 

Sur les deux premiers jours, les participant·e·s créent du lien en se partageant leurs histoires et leurs expériences. Le groupe se forme au gré des discussions, ateliers et repas. Au cours du 3ème jour, nous proposons au groupe un rituel collectif en lien avec la Terre, dans l’intention de permettre plus de profondeur.  

Mais ce n’est que le 4ème jour que le groupe plonge, à l’occasion d’une séquence où chacun·e se positionne physiquement pour évaluer l’avancée du travail aux niveaux individuel et collectif. On parle avec puissance, conviction et rage des nombreuses inégalités et traumatismes de notre société. On perçoit aussi dans la dynamique du groupe deux tendances : ceux et celles qui veulent agir (trop) rapidement, et ceux et celles qui ont le courage de d’abord sentir réellement les souffrances d’un système créé par l’être humain et qui court à sa perte. Le partage des émotions diverses agit comme un électrochoc pour le groupe entier, qui se regroupe au complet pour un “ conseil” (cercle de parole depuis le coeur). Parmi les 40 participant·e·s présent·e·s à ce moment là, une plante siège, et on l’écoute “parler” aussi. 

Ce temps de bascule de la rencontre enclenche un mouvement de fond qui donnera de l’énergie pour répondre à la question centrale depuis les tripes et le coeur. 

L’équipe d’animation avait revu dès la fin de la deuxième journée ses processus de mise à jour du programme au fil de l’eau, car nous nous attendions à ce que le groupe s’exprime et qu’il s’agirait de le suivre. La puissance de la gouvernance partagée lorsqu’il s’agit d’accompagner le vivant au coeur d’un groupe en mouvement est sans équivoque. En fonctionnant en écoute de nos perceptions et avec des rôles pour faciliter un processus qui permet au groupe de prendre son destin en main, nous ajustons le déroulé pour accompagner la dynamique de vie à l’oeuvre. 

Le groupe dans son entièreté est, par exemple, capable de prendre deux décisions clés par consentement, et cela très rapidement : la tenue d’un conseil et l’exclusion en toute bienveillance d’une personne présentant des symptômes du Coronavirus. 

Les deux dernières demi-journées donnent lieu à des discussions en sous-groupes, formés autour des sujets tenant à coeur aux participant·e·s et pour lesquel·le·s l’énergie est bien présente pour des discussions de fond vers de plus en plus de concret. Deux sujets sont creusés en profondeur : “apprendre des traumatismes + intégrer et connecter les polarités”, et “écouter les localités pour aller au-delà des logiques de compétition, libérer l’imagination et faire des feuilles de route face aux urgences écologiques. L’évènement se termine dans un grand cercle très vibrant, avec les conclusions des discussions et des partages fraternels avec la parole, le coeur et le corps. 

Lundi 9 mars à 13h, les prochains pas du Deep dive sont posés : partager les productions des participant·e·s suite aux discussions et vécus ; relayer les expériences personnelles avant et pendant l’évènement ; permettre aux participant·e·s de rester en lien et d’aller plus loin ; consolider l’équipe qui fera une restitution écrite de l’ensemble du process, à destination des municipalités et autres fondations. 

Deep Dive transition 3

Faire ensemble pour la transition dans l’être et dans l’agir

Au global et de mon point de vue, le processus vécu dans ces quatre jours et demi a d’abord fait vivre au groupe une expérience humaine intense et challengeante, en lien étroit et palpable avec l’effondrement en cours. Les personnes présentes (en tout une cinquantaine avec les arrivées et départs) – qui ont bravé la crise sanitaire émergente – étaient en majorité des acteur·rices de la transition très au fait de l’urgence écologique et sociale. Elles ont pu échanger leurs points de vue et ont eu des occasions de se rendre compte de leurs propres peurs, conditionnements et limites. 

Certaines séquences proposées, faisant appel au sensible, au corps et pas seulement à l’intellect ont parfois été inconfortables pour certain·e·s, habitué·es aux formats plus classiques de “faire ensemble”. Mais tou·te·s ont joué le jeu en confiance, plus ou moins conscient·e·s que les solutions émergeront aussi par ces voies, autrement dit en changeant les paradigmes d’être et faire ensemble. 

Enfin, le groupe s’est révélé être un miroir fractal de la société à plusieurs niveaux, avec notamment cette tension entre ces deux énergies : “agir” (trouver des solutions d’actions) d’une part et “être” (en authenticité, sentir profondément les fragilités en chacun·e de nous et les révéler au monde) d’autre part. Certain·es ont saisi l’opportunité de cette polarité si visible pour explorer les chemins de réconciliation.. D’autres sont resté·e·s à la lisière de leur zone de “confort”, se réservant sans doute un autre moment pour plonger plus en profondeur. 

Mais au-delà  de ces deux voies motrices encore trop en conflit dans les représentations des un·e·s et des autres, il semble que quelque chose de plus grand soit à l’oeuvre dans la conscience de “faire ensemble”. Le contexte de crise sanitaire actuel révèle un peu plus à quel point il est important de s’unir, en petits ou grands groupes, pour trouver des solutions locales pour que cet effondrement, plus que jamais palpable, soit le prélude à un renouveau. Je suis intimement persuadé que celui-ci sera possible si l’on s’écoute, se respecte, et dans une volonté de partage du pouvoir, que l’on soit “puissant·e” ou “faible”, avec comme boussole l’Amour pour nous guider. 

Guillaume Dorvaux I Membre de l’UdN

Avec, pour la relecture, le soutien de Marion Cremona et Gabrielle Mirbeau

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Une épidémie, une pause, un regard vers demain
Non classé
universitedunous
mars 27, 2020
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Notre humanité est malade. Le Covid-19 et tout ce que cela touche nous atteint nous aussi. Si, fort heureusement, nous n’avons à déplorer aucun cas grave au sein de notre équipe, nous sommes fébriles. Fébriles devant ce danger sanitaire, social, psychique, économique et démocratique. Fébriles face aux questionnements qu’il nous pose quant à notre condition humaine actuelle et tout ce que nous avons généré. Fébriles… mais fort·e·s aussi à travers notre conviction qu’il n’y a pas de hasard, que nous avons à apprendre de ce rocher sur notre chemin, et en confiance que notre faire ensemble trouvera enfin sa voix/voie dans l’abnégation.

Covid-19 Université du Nous

L’UdN, en son sein, a eu besoin à plusieurs reprises de se retrouver, à distance, pour écouter les JE et le NOUS, pour accueillir ce qui se vit dans nos JE et notre NOUS. Beaucoup de choses, évidemment, et puis aussi le vide. Cet espace temps qui s’impose à nous et que nous cherchons à accueillir comme une magnifique opportunité : celle de ralentir à un endroit pour accélérer à un autre, celle de stopper la production pour accéder à un temps d’introspection. D’agir à se ressentir.

Ainsi, l’UdN se saisit de ce passage pour avancer sur quelques projets qui jusqu’alors prenaient leur temps ;), et notamment l’écriture d’un livre pour célébrer ses 10 ans d’existence ainsi que l’incubation de “Sens’art”, une activité entièrement dédiée aux expériences sensorielles et artistiques. En bons et bonnes créatif·ve·s que nous sommes, les idées ne manquent pas pour continuer à cheminer, un peu plus doucement certes, mais sûrement.

Dans son ouverture au monde, l’UdN regarde les initiatives solidaires en oeuvre face cette pandémie, et a souhaité particulièrement se joindre au réseau Covid Entraide France > covid-entraide.fr

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Conscientiser le corps, sa verticalité et sa présence pour coopérer
UdN
universitedunous
mars 23, 2020
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UdN_ateliersensoriel_cooperation_debout

Du théâtre à l’atelier sensoriel, de l’art de la représentation à la recherche d’un art de la présence 

Comment vous ressentez-vous debout ? Dans mon travail avec l’UDN/HUM ! c’est souvent par cette question que j’ouvre un atelier sensoriel. J’invite les participant·e·s à prendre le temps d’habiter leur corps pour ainsi, par celui-ci, s’immerger dans le moment présent. 

Ces trois dernières années, je me pose moi aussi cette question régulièrement. Sur un quai de gare, à un arrêt de bus, chaque fois que debout, j’attends. J’aime avoir cette conversation avec mon corps, lui prendre le pouls, ressentir combien il est actif dans son immobilité trompeuse pour enfin le remercier d’être généreux et fidèle au poste. 

Je viens du monde du théâtre, de la représentation. J’y ai appris à bouger mon corps et moduler ma voix pour le regard des autres. Mais dans ce travail d’actrice, me ressentir debout, n’a pas fait partie de ma pratique. Sans doute estimais-je cette intériorité trop ésotérique, sans l’assurance d’un résultat rapidement performant. Sur scène, il faut être efficace parce qu’il faut être vue.

Mais depuis peu, prenant le temps de me ressentir debout, je me découvre sous un autre angle. Mon corps est ma seule porte d’entrée au monde sensible, il me permet d’y être pleinement présente. Et cette présence s’est révélée être autre chose qu’une présence scénique.

Coopérer avec nos sensations dans le moment présent

L’année dernière, j’assistais à une conférence théâtralisée donnée par le philosophe Bruno Latour. Selon lui, nous nous comportons dans notre environnement comme des hôtes exigeant·e·s. Changer cette position hégémonique appelle à changer de paradigme. De l’idée de vivre sur terre nous devons passer à l’expérience de vivre dans le monde. Nous vivons dans notre environnement en interdépendance avec lui. C’est ainsi que nous pourrons conscientiser le fait que nous faisons partie d’un tout dont les éléments interagissent constamment.

Pour moi, l’expérience de vivre dans le monde passe d’abord par l’expérience d’être présente dans mon corps, de l’habiter. Et, plus je me découvre sous cet angle, plus je fais l’expérience que mon corps a une faculté fondamentale : on pourrait dire qu’il coopère avec l’environnement. Dans sa verticalité, dans l’acte de se tenir debout, notre corps travaille intimement avec la gravité. Il s’ajuste, se tend ici, se relâche là dans un dialogue subtil pour s’élever verticalement tout en gardant à travers nos pieds contact avec le sol. Par la respiration, il permet le flux entre dehors et dedans ce qui fait de nous des êtres en constante interaction avec l’extérieur. Afin de percevoir le monde, nos sens coopèrent entre eux pour recueillir les informations spatio-temporelles qui nous sont nécessaires pour nous mouvoir. Enfin, plus que la pensée – qui se situe dans le passé ou dans l’avenir – le corps vit dans l’ici et maintenant en contact avec le monde vivant. Cela ne veut pas dire qu’il ne porte pas de traces du passé. Il a acquis des réflexes dans sa façon d’apprendre ou d’appréhender l’espace et la gravité. Ces conditionnements nous ont été inculqués pendant la petite enfance, par la façon dont nous avons été porté·e, choyé·e, soigné·e. Le corps a bel et bien une mémoire. Une mémoire qui semblerait-elle est ancestrale puisque intergénérationnelle. Mais chargé de cette mémoire, malgré ou peut-être grâce à elle, le corps sait ‘’ s’asseoir ’’ dans le moment présent. 

Pour moi, il y a un lien certain entre le corps habité et notre présence au monde. Corps et environnement se rejoignent dans l’ici et maintenant. Ils concourent, coopèrent à une oeuvre commune qui est celle de transporter la vie. 

Le partage de sensations comme première base d’une posture de coopération. 

Les ateliers sensoriels proposés par l’UDN/HUM ! veulent explorer par le corps le ‘Faire Ensemble’ et les postures de coopération. Au début de chaque atelier sensoriel proposé au sein des différents séminaires (Choeur et Héros, manipulation marionnette ou papier, voyage dansé, le cercle d’orchestre….) j’essaye de guider le groupe dans cet art d’être présent. J’encourage les participant·e·s à se connecter aux sensations de leur corps afin éviter qu’ils et elles ne se réfèrent trop vite à leurs constructions mentales, à leurs jugements et à leurs préjugés. Pour cela, je pose et fais des propositions très orientées sur leur physiologie : la façon dont elles et ils ressentent leur respiration, certains organes, leur squelette, leurs articulations, le poids et le volume des parties de leur corps.   

Les espaces sensoriels ont aussi d’autres particularités. Ils sont dispensés de contraintes de résultat à atteindre. Ce sont des espaces où le temps ralentit et se dilate, permettant aux participant·e·s de cultiver une attention particulière à leur corps et à leurs sensations. Les émotions qui en découlent prennent souvent source dans le ressenti du corps immobile ou en mouvement. Ces espaces permettent aussi une immersion dans le monde vivant qui favorise une expérience contemplative et par ce biais esthétique – esthétique non au sens du beau mais au sens de l’expérience reliée au sensible. En ce sens, ils aident à une transformation qualitative du vécu.

Dans les moments de restitution, le partage des expériences vécues met en lumière la diversité, la pluriformité ainsi que la polarité des points de vue.  En évitant le plus possible de se juger et de juger les autres ces partages encouragent un processus d’individualisation ou chacun·e peut exprimer son expérience singulière en y étant respecté·e tout en respectant celle des autres. Là se posent les premières bases d’une posture de coopération. 

Apprendre à Faire Ensemble debout et humblement 

Aujourd’hui, j’ai moins besoin d’être vue. Je ne cultive plus ma présence scénique. Je vise plutôt à une présence connectée aux autres et au monde qui m’entoure. Néanmoins, ma verticalité me confronte encore au fait que j’ai toujours beaucoup à apprendre pour cultiver cet art d’être debout tout en restant humble. Les êtres humains sont les seuls sur terre à vivre debout. C’est peut- être en partie à cause de cette position singulière et unique que nous avons perdu notre humilité dans notre relation au monde vivant. La verticalité est une position challenge. Probablement l’un de nos plus grands challenges pour les décennies à venir.

Martine van Ditzhuyzen I Animatrice Sens’art UDN/HUM !

Avec pour la relecture, le soutien de Marion Crémona et Gabrielle Mirbeau

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L’Université du Nous au Festival OASIS : une expérience partagée sur la gouvernance
UdN
universitedunous
décembre 22, 2019
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Laurent van Ditzhuyzen et moi-même, Lydia Pizzoglio étions à la 3eme édition du Festival Oasis organisé par le mouvement Colibri. Réuni·e·s autour de la création et du développement des Oasis, nous avons vécu une belle expérience renforçant notre vision du changement individuel, organisationnel et sociétal, vision partagée avec près de 360 personnes.

 

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Pédagogie du sensible et gouvernance partagée : l’expérience transformatrice de l’UdN
UdN
universitedunous
novembre 26, 2019
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Avec l’UdN, la question de la gouvernance partagée, de la coopération et de la relation au pouvoir se pose, entre autres, par l’expérience du sensible. En effet, depuis 10 ans, l’UdN construit sa pédagogie via notamment des espaces dits « sensoriels ». 

(suite…)

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Jardinier·e·s du Nous : cultiver ensemble la coopération
UdN
universitedunous
octobre 12, 2019
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L’Université du Nous (UdN) incube depuis plusieurs années un projet innovant de communauté d’apprentissage entre pairs auto-organisée, pour apprendre ensemble à cultiver la coopération dans les organisations. 

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