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Jardinier·e·s du Nous : cultiver ensemble la coopération
UdN
universitedunous
octobre 12, 2019
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L’Université du Nous (UdN) incube depuis plusieurs années un projet innovant de communauté d’apprentissage entre pairs auto-organisée, pour apprendre ensemble à cultiver la coopération dans les organisations. 

Passer de la théorie à la pratique

Plutôt que de faire croître ses ressources internes, l’UDN fait le pari de l’autonomisation et de la coopération, en concentrant ses efforts sur le renforcement des capacités de porteuses et porteurs du changement dans les organisations, nommé·e·s les Jardinier·e·s du Nous (JDN). Elle propose à ces Jardinier·e·s de se réunir en Jardin, c’est-à-dire en groupes de pairs, pour passer de la théorie à la pratique. 

Comment accompagner la mise en pratique dans un parcours de formation ? En matière de gouvernance partagée, cet enjeu est d’autant plus difficile que pour pratiquer, pour s’entraîner, il faut un groupe. Dans ces Jardins, les membres vont pouvoir faire ensemble des exercices d’intégration en lien avec des formations qu’ils et elles ont suivies et se servir mutuellement de “cobaye” avant d’amener ces outils dans leurs organisations.

Puis, lorsqu’elles et ils auront commencé à cultiver la coopération dans leurs organisations, ils et elles pourront partager au sein de leur Jardin leurs retours d’expériences, leurs difficultés et leurs réussites. 

Un autre usage de ces Jardins est de construire ensemble des connaissances, en se regroupant par centres d’intérêts ou contextes similaires (mouvements citoyens, collectivités locales, hôpitaux, etc.). Un Jardin Éducation réunit, par exemple, au niveau national des professionnels de l’éducation qui s’intéressent à la gouvernance partagée, soit en tant qu’activité pédagogique, soit en tant que mode de fonctionnement interne aux équipes éducatives. Au sein de ce Jardin, elles et ils partagent leurs expériences et leurs façons d’adapter ces outils à leurs publics. Ils et elles produisent ainsi de nouveaux supports pédagogiques adaptés à leur contexte, diffusés sous licence libres.

En septembre 2018, l’organisation des JDN a vu le jour pour relier tous ces Jardins, mutualiser les ressources humaines, pédagogiques et numériques utiles à leur développement. Début 2019, elle s’est associée à l’UDN et aux Colibris dans la réédition du Mooc “Gouvernance Partagée”, pour accélérer le déploiement de ces Jardins dans tous les territoires et contextes organisationnels. L’objectif était de créer 100 nouveaux Jardins grâce à ce Mooc.

Le Mooc “Gouvernance partagée” : une rampe de lancement

De février à juin 2019, le dispositif d’apprentissage Massive online open course (Mooc) co-produit par l’UDN et Colibris propose un parcours solo de 12 heures pour découvrir la gouvernance partagée. Il s’agit d’une 2e édition, la précédente avait mobilisé en 2017 plus de 13 000 participant·e·s. 

En 2019, l’innovation pédagogique est de proposer un parcours Jardinier·e·s du Mooc. Il s’agit de compléter les apprentissages solo par des activités collectives au sein de groupes de pairs, les Jardins du Mooc. Ce parcours prend entre 10 et 40 heures supplémentaires par rapport au parcours solo et permet d’approfondir le questionnement proposé par le Mooc et la mise en pratique de ses outils.

Une communauté apprenante s’est développée pendant ces 4 mois. Plus de 140 Jardins du Mooc se sont constitués en France, en Belgique, au Québec, aux Antilles ou à la Réunion.

Si la plupart des Jardins se constituent pour suivre ensemble le Mooc, certains se dotent d’une raison d’être particulière : au Québec, un Jardin s’est créé en soutien à une petite entreprise de sirop d’érable. L’enjeu : permettre à l’activité de perdurer en trouvant des modalités de fonctionnement en collectif qui conviennent à la porteuse qui s’essouffle seule dans son projet. À Nantes, un Jardin s’est constitué autour d’un défi : trouver un moyen de relier, d’initier la coopération entre les associations du territoire.

Se relier autour de communs pédagogiques et numériques 

Avec plus de 10 000 personnes inscrites au Mooc, le numérique collaboratif est un gros plus pour relier et animer en réseau une communauté d’acteurs actrices  nombreuses et dispersées partout dans le monde, et issus d’une large variété de contextes (entreprises, collectivités, mouvements citoyens, établissements scolaires, etc.). La plateforme permet aux acteurs et actrices de se retrouver grâce à des cartographies (par zones géographiques ou contextes organisationnels) ou à un agenda participatif des rencontres et événements (75 rencontres locales ont été organisées sur les deux premiers mois du Mooc).

Chaque exercice du Mooc est une invitation à créer des connaissances. En effet, plutôt que de proposer des exercices de validation de connaissances, les exercices invitent chacun·e à se questionner sur une thématique (se réunir autrement, communiquer, décider ensemble, etc.). Des formulaires en ligne leur permettent de partager les résultats de leurs explorations et ainsi de contribuer à la base de connaissances commune. Il s’agit de faire goûter de manière simple et concrète à la facilité et au plaisir de produire ensemble des richesses partagées.

En effet, toutes les vidéos, les supports pédagogiques, les exercices, les kits produits par l’équipe du Mooc et par ses participant·e·s sont sous licence ouverte Creative Commons CC BY SA. Ces ressources sont donc directement réutilisables librement par chacun⋅e dans leurs organisations. Tout ce qui a rendu le Mooc possible fait l’objet, sur la plateforme, d’un appel à participation libre et consciente pour ces 4 mois de formation. Cette expérience est donc aussi une sensibilisation à la culture de la contribution et à la création de communs.

De nouveaux Jardins du Nous

Le dernier chapitre du Mooc « Atterrissage » accompagne les participant·e·s dans la définition de leurs prochains pas pour continuer l’exploration de la gouvernance partagée. Concernant les Jardins, chaque groupe peut co-construire son bilan des apprentissages, le partager avec les autres Jardins sur le wiki et réfléchir à ses prochains pas, comme par exemple :

  • Participer à un rassemblement des Jardinier·e·s fin juillet ;
  • Poursuivre les rencontres et les apprentissages en adhérant à l’organisation JDN qui relie entre eux des Jardins permanents et leur fournit un accès à des ressources pédagogiques et numériques communes ;
  • Réaliser un défi du faire ensemble, c’est-à-dire une action concrète à réaliser en gouvernance partagée dans un laps de temps donné ;
  • Faire appel à des professionnels de l’accompagnement, notamment de la coopérative Hum !, pour de la supervision à distance ou des séminaires de formation en présentiel ;
  • Utiliser les ressources pédagogiques du Mooc pour concevoir son propre parcours d’intégration et de formation dans son organisation…

Les outils numériques expérimentés pendant le Mooc sont utilisés par la suite dans la communauté des JDN, ce qui facilite l’appropriation et les usages.

Un grand jardin commun entretenu et protégé par la communauté

Au plan théorique, depuis les travaux d’Elinor Ostrom sur les ressources gérées comme des communs, on cerne mieux les conditions de réalisation de tels projets. Ces conditions consistent en l’existence d’une culture partagée de la contribution, de processus d’entrée et de sortie, de processus de gestion des conflits, de règles de gouvernance qui incluent toutes les parties prenantes, et de moyens garantissant une autonomie de fonctionnement.

Tous les espoirs sont permis pour que cette culture, ces usages et ce nouveau modèle socio-économique se développent mais rien n’est gagné. Pour emporter cette bataille culturelle, des initiatives plurielles existent en France, telles que la campagne Contributopia de Framasoft, le projet Plateformes en communs de l’association La Coop des communs, ou justement celui des Jardinier·e·s du Nous. Pour autant, ces îlots ont besoin de faire archipel et de prendre de la visibilité dans la société. Quelles sont les conditions concrètes de pérennisation ? Pour pérenniser un dispositif qui relie des Jardins du Nous et leur offre l’usage d’une infrastructure numérique commune, plusieurs ingrédients ont besoin d’être réunis : 

  • Des Jardinier·e·s qui sont autonomes dans le choix et les modalités de leurs apprentissages, de leurs échanges, et qui assurent l’indépendance financière du dispositif par leurs contributions ; 
  • Une plateforme numérique pérenne qui réponde à un double cahier des charges pédagogique et coopératif (un « Grand jardin » partagé) ;
  • Une petite équipe noyau qui anime cette infrastructure coopérative ;
  • Un cadre de gouvernance de l’ensemble du dispositif qui inclut toutes les partie prenantes.

Avec qui co-construire ce bien commun ?

L’Université du Nous a développé sa vision, sa pratique de la gouvernance au gré des séminaires et des accompagnements qu’elle a réalisés durant ces 10 derniers années. D’autres initiatives, d’autres approches complémentaires du faire ensemble et de la pédagogie ont vu le jour et se sont développées en parallèle. Pour permettre l’avènement d’une réelle culture de la coopération, il est essentiel que ces pratiques se rencontrent, se croisent, se fertilisent mutuellement au sein des organisations.

C’est pourquoi cette communauté apprenante des Jardinier·e·s du Nous n’a de sens que si elle rassemble au-delà de l’UDN. L’ambition est de réunir les acteurs et actrices de la formation et de l’accompagnement qui sont prêts à mettre en commun leurs ressources pédagogiques et à soutenir le développement de ces modes de co-apprentissages autonomes. Pour cela, il s’agit donc que ce projet, jusque là incubé administrativement par l’UDN, se dote d’un statut juridique propre, d’un modèle économique pérenne et d’un cadre de gouvernance multi-parties prenantes. C’est tout l’enjeu des prochaines étapes ! Si vous voulez faire partie de l’aventure, écrivez à contact@jardiniersdunous.org.

Pour aller plus loin :

 

Anne Lechêne et Romain Vignes des Jardinier·e·s du Nous – JdN


Gouvernance partagée UdN Article Revu Alternatives non-violentes

Article paru dans la revue Alternatives non-violentes
N° 191 I juin 2019

L’art de partager le pouvoir, Nouvelles gouvernances

http://alternatives-non-violentes.org

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La participation Consciente, une reliance collective, une certaine contribution au monde
UdN
universitedunous
octobre 5, 2019
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La Participation Consciente, sa définition, ses règles

La Participation Consciente est le prix, le paiement des séminaires « les Ateliers du Nous » que proposent l’Université du Nous depuis bientôt 10 ans. Elle a des règles précises que nous donnons en amont aux participant·e·s :

« C’est la somme en euro que vous donnerez en conscience pour ce que vous avez vécu et en fonction du soutien que vous souhaitez apporter à l’organisation pour son développement. »

  • Elle fait toujours l’objet d’un temps d’explication et de partage en début d’expérience.
  • Elle est obligatoire et en euros.
  • La remise se fait à la fin du séminaire de façon non-anonyme sans justification de la somme donnée.

Elle fait partie du système économique de l’Université du Nous et est proposée aussi par la coopérative HUM ! Elle est un des éléments fondamentaux dans la mise en œuvre de notre raison d’être. 

Participation Consciente et Gouvernance partagée

Vous pouvez mener une démarche en gouvernance partagée sans proposer ce mode de paiement ou de rétribution.

Elle n’est donc pas inhérente à la gouvernance partagée. Elle est amenée par l’Université du Nous, dans son laboratoire d’exploration sur les systèmes de valeur, de croyance, d’émancipation des individus et des organisations.

Elle visite sous un autre prisme le paradigme du pouvoir, de l’engagement et de la co-responsabilité.

Participation Consciente et Reliance collective 

Elle explore aussi la notion de posture. Pour nous, une démarche en gouvernance partagée est bien plus qu’une succession d’outils. Elle est une pratique dans laquelle prendre conscience de qui je suis, de ma manière d’être au monde est fondamentale. 

Nous parlons de Conscience comme un travail d’éveil, de lucidité, comme un engagement sur un chemin de développement, de confiance en moi, en l’autre, en ce qui nous entoure. 

En changeant la règle habituelle, le ou la participant·e est amené·e à décider lui ou elle-même du montant à donner.

De nombreuses questions viennent : Quelle est la valeur de ce qu’elle ou il a reçu ? Quelle participation a t’il-elle envie de donner au-delà du séminaire vécu ? Comment peut-elle ou il soutenir ce mouvement de transformation ? Comment financer ce qu’il ou elle souhaite voir advenir dans notre futur commun ?

L’idée est bien de nous interroger individuellement et collectivement sur notre manière de contribuer au monde.

Quand je contribue, je contribue pour moi, et pour toute·s ceux et celles que je ne connais pas et qui pourront elles et eux aussi expérimenter, se former, aller plus loin, dans cette idée de faire bouger les lignes sociétales. 

Elle permet ainsi une forme de reliance collective, un chemin commun. Des centaines, des milliers de personnes ont et vivront cette expérience d’un faire ensemble autrement.

Pouvoir d’agir et conclusion  

Proposer ce type de paiement pour une organisation et accepter de vivre la participation consciente en tant de participant, c’est peut-être vivre une forme de partenariat, un chemin évolutif commun. Il faut un peu de courage pour les deux parties prenantes. C’est une tentative d’assumer sa souveraineté, son propre pouvoir d’action, et d’agissement. 

Tout comme la gouvernance partagée nous propose de sauter d’une montagne à l’autre en acceptant l’inconnu, le vide, le non contrôle…pour trouver une autre voie possible…

Lydia Pizzoglio, co-fondatrice de l’Université du nous 

Quelques références

Sites
Livre 

L’esprit du don, de Jacques T.G, éditions La découverte 


Gouvernance partagée UdN Article Revu Alternatives non-violentes

Article paru dans la revue Alternatives non-violentes
N° 191 I juin 2019

L’art de partager le pouvoir, Nouvelles gouvernances

http://alternatives-non-violentes.org

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La gouvernance partagée, un nouveau récit pour une autre aventure
UdN
universitedunous
septembre 28, 2019
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Pousser par sa peur de disparaitre et de faire face à sa contrainte existentielle de finitude, l’humain cherche à contrôler et dominer son environnement, les autres, et lui-même. Il en résulte un monde dit « moderne » bâti sur le modèle impérialiste qui prend en partie ses racines dans le patriarcat. Cette forme nourrit une relation duelle entre dominants et dominés. 

Ce modèle a engendré des organisations centralisées, pyramidales et hiérarchiques. Elles sont devenues des architectures mécaniques, parfois invisibles qui sculptent le monde en l’épuisant. Elles, densifiées en de minuscules endroits les richesses produites, assèchent la diversité. Elles créent des systèmes déresponsabilisant, culpabilisants, parfois violents, pour certains et une façon démesurée de valoriser l’égo pour d’autres. C’est un modèle construit sur la peur.

La gouvernance partagée pourrait être un début de proposition pour sortir de l’emprise et de l’impasse dans lesquelles ce modèle nous a piégés.

Derrière l’appellation « gouvernance partagée », nous tentons l’émergence d’une nouvelle façon d’appréhender le monde pour raconter un nouveau récit inspirant, basé lui, sur la confiance. Ce désir d’un nouveau « faire ensemble » émerge du besoin vital de faire face aux enjeux civilisationnels et environnementaux auxquels nous sommes confrontés.

En cela, La gouvernance partagée est une démarche, une aspiration à des changements de paradigmes forts. Partant du principe qu’une gouvernance est la forme plus ou moins complexe qui structure et régit le fonctionnement organisationnel, social et relationnel des individus qui constituent un système, la gouvernance partagée, sans chercher à s’imposer comme un modèle, pose quelques grands principes de fond.

Sortir des rapports dominants-dominés

Le perpétuel combat entre les dirigeant·e·s, les manageur·se·s et leurs « N-1 », entre l’état et ses citoyen·ne·s, les hiérarchies de classe, entre les hommes et les femmes, s’exprime par un pouvoir Sur les individus au détriment d’un pouvoir De permettre aux individus. C’est une réalité largement pratiquée dans les organisations classiques, qu’elles soient des entreprises, associations, institutions ou même au sein de nos groupes citoyens et familiaux. Certes c’est une vision un peu caricaturale, mais les conditionnements sont profonds, enracinés dans l’éducation et sont devenus des éléments culturels bien ancrés dans nos inconscients. Certains de ces rapports de dominations sont bel et bien entretenus par les fondements mêmes du système qui les a engendrés. Mais il est aussi utile d’accepter et de regarder que dans ce type de relation il y a des postures dans lesquelles chacun·e peut aussi avoir une part de responsabilité à son maintien.

La gouvernance partagée construit un rapport d’équivalence au pouvoir entre les individus en ouvrant des espaces où le pouvoir d’agir reprend sa place afin de s’extraire de sa position de victime ou de persécuteur. Le pouvoir est une face d’une pièce, dont l’autre est la responsabilité. 

Une gouvernance en trois dimensions

Le fantasme du tout horizontal qui est une façon de faire opposition au tout vertical du modèle dominant peut induire une forme d’égalité dogmatique où tout devrait être décidé par tous. Le tout horizontal devient alors un dictat qui réinstalle en polarité les écueils du tout vertical. On remplace l’autoritarisme d’une personne par l’autoritarisme du groupe, c’est-à-dire que rien ne peut se faire sans son accord.

La dimension verticale en gouvernance partagée est assumée, souhaitée et entretenue. L’objectif est d’offrir le maximum d’autonomie aux personnes, de passer du contrôle a priori au contrôle a posteriori. Chaque rôle, chaque cercle est vu comme une entité autonome et souveraine, reliée aux autres par une même raison d’être et un fonctionnement commun. Cette « saine verticalité » peut rendre à l’individu sa capacité à exprimer sa souveraineté, sa créativité singulière, sa différence, son talent.

L’horizontalité reste indispensable pour assurer et veiller à perpétuer un rapport d’équivalence au pouvoir. Dans un même cercle, un même organe de l’organisation, les individus sont cadrés par des processus permettant de construire cette équivalence. De la même façon, des règles claires permettent également à chaque organe de garder son autonomie afin de ne pas pouvoir être dominé par un étage supérieur.

Dans une gouvernance partagée il n’y a pas de manager ni de managés, les fonctions de management nécessaires au bon fonctionnement de l’organisation sont exercées collectivement par le biais des processus et des règles de fonctionnement : priorisation des actions, définition des rôles, des cercles et de leurs périmètres….

La dimension de la profondeur est cet espace sensible que nos organisations classiques ont mis de côté, voir considéré comme tabou dans la sphère professionnelle. Comment l’organisation peut m’accueillir pleinement dans ce que je suis, dans toutes mes dimensions ? Intuitives et rationnelles, émotionnelles et objectives, lumineuses et ombragées, puissantes et vulnérables. Les processus utilisés, les rituels mis en place, les espaces de paroles, un sens poétique et esthétique retrouvé, crée les conditions d’une culture collective de l’accueil bienveillant qui m’invite à l’authenticité. Elle purge le clivage entre notre esprit, notre corps et notre cœur. Elle relie nos besoins matériels et nos aspirations de sens, de transcendance. Cette dimension ne veut pas dire que l’organisation est en charge de nourrir cette partie de ma vie, mais elle le permet, le valorise.

Enfin, changer la culture du conflit stigmatisé comme négatif vers une vision du conflit fécond, qui quand il est accueilli et géré est source de croissance nous ouvre les portes vers la maturité du groupe et donc son efficience.

Le chemin autant que le résultat

Ces nouvelles formes d’organisations proposent une vision du changement qui n’est pas seulement celui d’un modèle fonctionnel, efficient, efficace, régi par des processus pertinents qui construiraient et assureraient le résultat. Nous cherchons à ouvrir l’organisation à ce qui est aussi dans sa nature profonde, son côté yin, à retrouver son intelligence émotionnelle, son sensible. C’est sortir du paradigme du tout yang où l’organisation ne peut être que forte et compétitive pour exister et se développer. Alors nous excluons l’autre face d’un organisme vivant, sa fragilité. C’est aussi dans mes fragilités que je trouve les ressorts pour grandir, pour changer, pour me développer.

Le tout résultat est un déséquilibre. Prendre soin du chemin est une façon d’entrevoir le résultat par l’équilibre.

Une raison d’être évolutionnaire

Dans une gouvernance partagée, les rôles de l’organisation se mettent au service d’une raison d’être, c’est-à-dire qu’ils cherchent en permanence à aligner leurs stratégies, leurs actions, leurs façons de faire sur la raison d’être du cercle et plus globalement de l’organisation.  Cette raison d’être n’est ni la vision des fondateur·rice·s, ni même une vision partagée définie en amont. Une raison d’être se révèle sur le chemin de vie de l’organisation, en étant à l’écoute de son environnement : à quel besoin unique cet organisme vivant est appelé à répondre ? Qu’est-ce qui manquerait au monde si cette organisation n’existait pas ? Vers quoi est-elle amenée à évoluer ? Il s’agit de passer d’un paradigme du prévoir et contrôler, à un paradigme du ressentir et ajuster, et cela à tous les niveaux de l’organisation (structures de gouvernance, stratégies, budget, RH, politiques de rémunérations…)

Notre système est fait d’organisations, familiales, associatives, économiques, institutionnelles, politiques… Les changer en profondeur peut être un levier puissant pour transformer nos sociétés. Si nous interagissons et produisons radicalement autrement, peut être produirions nous autre chose, vers d’autres objectifs ?

La Gouvernance partagée n’est pas La solution, ni un modèle qu’il suffirait d’appliquer pour nous sauver ! Elle pose des questions qui se situent à l’intersection des sciences sociales, psychologiques, politiques, philosophiques, d’éducation et de la dimension spirituelle de notre existence et du monde. Mais peut être que dans l’idée de construire des relations d’une autre nature elle nous invite à réinterroger en profondeur notre relation au pouvoir, à l’autorité, au cadre et à l’émancipation de notre pensée conditionnée. 

Remettre au centre le pouvoir c’est revisiter l’ensemble de notre façon de penser la société. C’est peut-être en cela et uniquement en cela que la démarche en vaut la peine.

Rentrer dans cette démarche demande à ceux et celles qui détiennent le pouvoir, à ceux et celles qui le subissent, un engagement personnel fort et courageux. C’est peut-être la nouvelle aventure entrepreneuriale du XXIe siècle.

Laurent van Ditzhuyzen


Gouvernance partagée UdN Article Revu Alternatives non-violentes

Article paru dans la revue Alternatives non-violentes
N° 191 I juin 2019

L’art de partager le pouvoir, Nouvelles gouvernances

http://alternatives-non-violentes.org

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UdN, Hum ! et JdN (ré)unies en Archipel !
UdN
universitedunous
septembre 19, 2019
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seminaire Archipel UdN 2019.2

Un séminaire de rentrée chez l’UdN, c’est toujours une expérience de co-création et de transformation. Cette année encore et cette fois-ci avec notre écosystème !

Les 9, 10 et 11 septembre dernier, les organismes-projets UdN, Hum ! et JdN se sont (ré)unis pour poursuivre leur exploration coopérative. Ces trois jours ont permis de nous rencontrer pour mieux nous (re)connaître et nous comprendre dans nos intentions, objectifs et visions. 

En intelligence collective, en écoute, le coeur ouvert, nous avons pris le temps de créer notre Nous et de réajuster ce qui était nécessaire pour ensuite imaginer la suite, dans une interdépendance que nous souhaitons féconde pour nous et inspirante pour le monde.

Ce séminaire fut, à nouveau, un espace d’innovation, un espace dans lequel a pris forme, ce que nous nommons aujourd’hui, l’Archipel UdN.

 

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Pas d’AdN++ cette année
UdN
universitedunous
juin 14, 2019
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Il faut bien le dire, l’AdN++ est un très gros séminaire, le plus gros même que l’UdN eut à animer. Une semaine pour vivre une expérience de gouvernance partagée avec le projet de monter un cabaret, mieux encore un spectacle citoyen. Une semaine de toute beauté ! Et en même temps, l’AdN++ demande la mobilisation d’une équipe importante, demande beaucoup de préparation et d’énergie. Et il faut bien le dire, ces précieuses ressources sont, à ce jour, mises au service du démarrage des JdN, de la 2e édition du MOOC Gouvernance partagée et du développement de Hum !

Alors voilà, devant ces priorités, l’UdN a fait un choix. Choisir c’est renoncer, vous le savez. Et c’est aussi voir se dessiner d’autres chemins, d’autres acteurs et actrices prendre le relai. Nous sommes donc heureux·ses de vous annoncer que le flambeau du spectacle citoyen sera repris par les participant·e·s du parcours LSC#8. Merci à elles et eux de leur mobilisation et merci à vous de votre compréhension.

Et puis, vous le savez, d’autres espaces existent déjà et d’autres encore vont émerger qu’ils prennent forme au sein de l’UdN, de Hum ! ou des JdN pour se rencontrer et vivre ensemble l’expérience sensible du « Être et Faire ensemble ». 

 

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1 semaine pour et avec La Bascule
UdN
universitedunous
mai 3, 2019
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Du 1er au 5 avril dernier, l’Université du Nous a animé un séminaire exceptionnel de lancement de l’équipe opérationnelle de La Bascule à Pontivy. Dans une posture de transmettrices, de “métaviseurs” et de facilitatrices du processus général de structuration, nous avons accompagné l’émergence de cette organisation atypique, mouvement de lobbying citoyen pour inverser le rapport de force et amorcer, enfin, une véritable transition écologique et sociale en France.

 

Nos motivations à participer

L’UdN considère qu’il est toujours nécessaire que les acteur·rices et partenaires d’un même projet trouvent “l’espace du dévoilement” pour se dire. Coopérer, pour nous, passe par la conscience que la coopération n’est pas un acte de bonne foi, généreux et engagé, mais davantage la réponse à un besoin de l’individu·e, du groupe ou de l’organisation. Aussi, si l’UdN a souhaité coopérer au projet La Bascule, elle a d’abord identifié ses propres motivations et ce qu’elle souhaitait nourrir de personnel dans cette aventure.

Nous avons identifié et ressenti comment ce projet venait servir notre Raison d’Être actuelle (Faire Humanité / Explorer la posture de coopération / Cultiver les communs).

Et plus précisément :

  1. La Bascule est un projet que certains d’entre nous pourraient qualifier d’un peu fou, très intuitif, pas très construit, dans une énergie de « révolution » qui est dans l’air du temps (il n’est plus temps de discuter ou d’imaginer comment nous pourrions faire ensemble, il est temps de le faire). C’est cette énergie que nous ressentons et reconnaissons comme proche de celle qui a construit l’UdN.
  2. Depuis ses début (10 ans), l’UdN cherche ce qui pourrait permettre aux organisations dites de Transition (tous les champs confondus) de réellement coopérer au service d’une Raison d’Être plus grande que leurs Raisons d’Être individuelles. Autrement dit, de coopérer pour une transformation sociétale de masse (changement d’échelle). C’est ce que nous appelons la supra-organisation, ou l’archipellisation de nos mouvements, de nos organisations, de nos structures…  Cette forme de puissance attendue et recherchée dans la transition ne serait pas une organisation supérieure, ni la centralisation d’un pouvoir bienfaiteur, sage ou légitimé par ses valeurs. Ça ne peut pas non plus être une organisation de très grande taille qui engloberait toutes les autres. Il nous semble qu’il s’agit plutôt d’une forme d’organisation en réseau organique, biomimétique, un réseau intelligent et agile, dont la gouvernance découlerait d’une pratique, d’une culture commune du faire-ensemble, telle que nous la pratiquons avec :
  •    une souveraineté des acteurs et actrices,
  •    un cercle de coordination de l’action et décisions s’appuyant sur un pouvoir DE (faire/agir) et non sur un pouvoir SUR (l’autre),
  •    une posture humaniste et au-delà (inclusif de ce qui est autre qu’”humain”, passer du visible à l’invisible),
  •    une capacité d’apprentissage par itération et par une culture des communs de la connaissance,
  •    une volonté de mutualisation et de différenciation des actrices et acteurs,
  •    l’intelligence collective et la gouvernance partagée comme fondement, garanti par des conditions de non-contrôle individuel et collectif.
  1.  Nous ressentons depuis quelques années la nécessité d’apprendre à animer des évènements avec des grands groupes, sur des temps courts, et qui pourraient avoir le même impact individuel et collectif que nos séminaires actuels qui gèrent des groupes de 10 à 45 participant·e·s. En effet, des mouvements émergent (type La Bascule) et ont besoin de s’organiser de plus en plus vite et avec de plus en plus de personnes.

Il nous faut changer d’échelle. Créer des expériences transformantes et apprenantes pour des grands groupes (de 100 à 500, voire 1000 personnes) nous semble une clé pour l’avenir.

6 mois pour La bascule - Université du Nous - Gouvernance Partagée - avril 2019

Les accompagnements sur le long court et le travail de posture minutieux que l’UdN réalise avec les individu·e·s et les organisations sont précieux, mais doit trouver un autre rythme. Depuis 2 ans, nous mettons de l’énergie sur une nouvelle façon d’accompagner (Accompagner à s’accompagner soi-même). Le projet des Jardinier·e·s du Nous, qui entrevoit la construction d’une communauté auto-apprenante – souveraine et tournée vers le bien commun – est une tentative vers ce changement d’échelle. De même, les MOOC (formation de masse en ligne avec des soutiens par webinaires) et la création de groupes de pairs en Codev nommés « jardins » sont de nouvelles formes d’essaimages rapides et efficients répondant à notre stratégie actuelle.

  1.  Le projet La Bascule est aussi l’occasion de tenter la posture de coopération entre les organisations. Les enjeux sont élevés, la découverte d’une nouvelle manière de faire-ensemble le sera tout autant. Par là-même, Il est important que notre participation puisse aussi servir un apprentissage et une capitalisation (work in progress géant), afin d’acculturer a posteriori un maximum d’individu·e·s et d’organisations. Notre intention est de générer une communauté d’acteurs et inspiratrices de cette culture du faire-ensemble, par la réalisation de “communs de la connaissance” en open source.

En résumé : le résultat visé ou plus précisément l’ambition du projet La Bascule (à 6 mois) nous intéresse par son énergie (révolution/action/urgence/détermination), par son intensité (70 jeunes engagé·e·s, la personnalité et l’énergie de Maxime de Rostolan – en tant que personne source) et par son ambition politique et philosophique de transformation sociétale.

L’ensemble constituait pour nous les ingrédients d’un challenge à relever, d’une expérience unique que nous souhaitions servir pour le projet de La Bascule et plus largement pour notre société.

Le séminaire La Bascule

Nous avons donc proposé 5 jours de co-animation en gouvernance partagée, avec 70 participant·e·s et une équipe de 7 personnes de l’Université du Nous.

En posant le cadre du faire-ensemble, en créant le Nous, en leur permettant de se rencontrer autrement, dans le cœur et le corps, en leur faisant découvrir les outils et postures de la gouvernance partagée dans une recherche d’équilibre entre l’horizontalité, une saine verticalité et la profondeur de notre humanité… nous leur avons fait vivre un voyage, un processus global qui met en lumière l’articulation entre le Je et le Nous et le passage du Nous à l’Organisation.

Nous avons donné le meilleur de nous-mêmes et de l’Université du Nous pour accompagner ces 70 joyeux·ses utopistes à faire basculer la gouvernance de leur mouvement… avant de faire basculer celle de notre société.

A leurs côtés, nous avons vibré à l’idée que tout est encore possible, que nous pouvons mettre en place un nouveau monde connecté au vivant, à la confiance, à la joie.

Comme d’autres secoueur·se·s de cocotiers portant les mêmes convictions que les nôtres, ils et elles ouvrent une parenthèse vers un autre chose, un ailleurs… et nous portons l’espoir que cette parenthèse ne peut plus se refermer.

Marion et Laurent VD

Pour en savoir plus sur ce séminaire et ses aboutissants, un article sur le site de La Bascule : Fin du séminaire de gouvernance de La Bascule à Pontivy

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RDV le 19 février avec le nouveau MOOC Gouvernance partagée !
UdN
universitedunous
février 8, 2019
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L’Université du Nous et son partenaire historique l’Université des colibris invitent à participer à la 2d édition du MOOC sur la gouvernance partagée. Après le succès de la V1 en 2017 (22 000 inscrit·e·s), voici un nouveau parcours de co-apprentissage interactif pour revisiter le « faire ensemble » dans son organisation.

Pour les personnes à la recherche de nouvelles façons de s’organiser, de communiquer ou de décider ensemble, ce MOOC s’adresse à vous. Il vous offre aussi la possibilité de soutenir le développement de communautés apprenantes en ligne, au sein de différentes organisations (entreprises, collectivités, associations, mouvements citoyens) et entre elles.

 Mooc Gouvernance Partagée 2019
Parcours Solo

Idéal pour découvrir en ligne les outils, postures et pratiques de la gouvernance partagée, ce parcours est composé de vidéos didactiques, témoignages, exercices et fiches interactives. Il nécessite entre 45min et 1h30 par semaine en fonction du rythme de chacun·e. Il fait intervenir des acteurs et actrices reconnu·e·s dans ce domaine tel que Frédéric Laloux, auteur du livre à succès Reinventing Organizations, Lydia Pizzoglio et Laurent Van Ditzhuyzen, fondatrice et fondateur de l’Université du Nous et Emmanuel Olivier, directeur de l’Armée du Salut.

Parcours Jardinier·e·s du Nous

Ce parcours invite à échanger avec des pairs autour de ces outils, à les mettre en pratique par la réalisation de défis, à partager les expériences et à créer de la connaissance. Il dure quant à lui entre 1h30 et 4h par semaine. Animé par une équipe dédiée, il s’appuie aussi sur la mobilisation de la communauté des Jardinier·e·s du Nous émanant notamment de la 1ère édition en 2017. Ce parcours permet ainsi de constituer une véritable communauté apprenante, où chacun·e peut s’entraider pour prendre du recul sur ses pratiques, analyser le fonctionnement de son organisation et monter en compétence sur le faire ensemble.

 

« Heureuse d’avoir participé à ce MOOC et très inspirée par son contenu. J’en ressors pleine d’espoir sur la capacité des humains à avancer ensemble avec bienveillance, envie et créativité. Merci pour cette incroyable mine d’or ! » (participante à la 1ère édition du MOOC)

 

Pour rappel, le 1er MOOC sur la gouvernance partagée avait donné lieu à l’organisation de 140 rencontres locales et à la création de 230 groupes de pairs. De quoi inciter l’Université des colibris et l’Université du Nous à travailler de nouveau ensemble, pour développer leurs complémentarités et coopérer autour de ce sujet de société, et ce avec le même enthousiasme.

Intervenant·e·s 2019

Isabelle Desplats formatrice en qualité relationnelle et intelligence collective – Isabelle Desplats formation

Jean-Luc Christin facilitateur, accompagnant et superviseur – Cellular Gouvernance

Philippe Clément accompagnateur en démocratie coopérative – Stratégial

Romain Vignes concepteur et animateur d’expériences apprenantes – UdN

Lydia Pizzoglio accompagnatrice à la gouvernance partagée – UdN

Laurent Van Ditzhuyzen accompagnateur à la gouvernance partagée – UdN

Yannis Camus formateur, consultant, conférencier – Alter Ego

Claire Rosart chercheuse et facilitatrice en intelligence collective – Laboratoire du collectif

 

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[mise à jour du 4 mars ] le lancement a dû être décalé en raison de vilains bugs. L’équipe oeuvre pour régler tout ça et vous permettre d’accéder sereinement à tous les outils, très prochainement. Merci de votre patience !

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Repositionnement : ne plus devenir une plateforme pour rester un laboratoire du Faire Ensemble
UdN
universitedunous
novembre 20, 2018
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Il y a quelques temps, l’UdN avait annoncé une profonde mutation : devenir une plateforme numérique en SCIC (Coopérative d’Intérêt Collective) sur laquelle elle revient désormais et en douceur. Précieuses explications et nouvelles perspectives vous sont présentées ici.

Par la création et la transformation en plateforme sous statut SCIC, l’idée était de répondre aux besoins grandissant des personnes et organisations de se former au Faire Ensemble et de démultiplier l’impact de l’UdN, de sa pédagogie expérientielle. Cet élan a, toutefois et dans la parfaite logique holacratique, fait apparaître diverses tensions dont une majeure concernant la raison d’être.

En effet, il ressort une distinction entre la raison d’être de l’UdN et celle de ce projet de plateforme. Si ce dernier entend développer des communautés apprenantes et des communs pédagogiques sur le Faire ensemble ; l’UdN, elle, est et restera un laboratoire du Faire Ensemble.

Autrement dit et par conséquent, si l’UdN a bien permis d’explorer et initier les communautés apprenantes et les communs pédagogiques, elle ne souhaite pas se transformer elle-même en ce projet. Elle préfère qu’il fasse lui-même son chemin et prenne sa propre identité. Aussi, il a été décidé de donner davantage d’autonomie à ce projet ainsi nommé les Jardinier·e·s du Nous – JdN. Par ricochet, la création d’une SCIC est reportée pour laisser le temps à cette nouvelle entité d’émerger.

UDN-JdN-Hum repositionnement

L’UdN incube le projet Les Jardinier·e·s du Nous – JdN

Les JdN possèdent dès lors son propre cercle d’ancrage (board) et peut désormais décider et fonctionner en toute indépendance. Le lien bien évidemment demeure car l’UdN incube ce projet et y participe notamment par la présence de membres de l’UdN en son sein dont celle d’un des fondateurs Laurent Vanditz au cercle d’ancrage.

L’UdN soutient la professionnalisation de Hum !

Par ailleurs, c’est aussi dans cette perspective d’essaimage et d’autonomie que l’UdN continue de permettre à Hum ! de renforcer son identité. En effet et comme vous le savez déjà, l’UdN a fait naître la coopérative Hum ! afin de permettre une professionnalisation de l’activité et ainsi répondre aux demandes croissantes des organisations. Ainsi, après avoir transféré à Hum ! l’ensemble des accompagnements et formations, l’UdN poursuit la transmission avec désormais les séminaires, et ce avec joie.

En 2020, l’UdN aura 10 ans

Enfin, cela s’articule avec le besoin de l’UdN de se repositionner sur ce qui la définit : être un laboratoire d’exploration du Faire Ensemble. Ainsi, l’UdN entend capitaliser et célébrer tout ce qu’elle a accompli depuis bientôt 10 ans d’une part ; et poursuivre l’expérimentation d’une autre part. Il est aujourd’hui important et nécessaire aux membres de l’UdN de se recentrer sur leur vécu pour prendre du recul, faire le point, pour témoigner et se nourrir à nouveau.

Entre mutation et reprise de position, l’UdN reprend son souffle pour retrouver une nouvelle capacité d’agir à offrir.

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Oeuvrer avec Colibris et témoigner
UdN
universitedunous
octobre 25, 2018
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L’article critique en direction de Pierre Rabhi s’impose en ricochet à Colibris, partenaire historique de l’Université du Nous (UdN). Au sein de ce collectif, l’UdN participe à l’impulsion d’une organisation en Gouvernance Partagée, c’est en ça et sur ce point que l’UdN souhaite prendre la parole ou plutôt offrir la sienne, en quelques mots.

S’agissant de questionner la réalité du ‘système Rabhi’, regarder les différentes facettes est nécessaire pour juger. Il y a en une supplémentaire à explorer car elle pose des enjeux de transformation sociale, et d’émancipation individuelle et collective : le fonctionnement démocratique. Inspiré par la Gouvernance Partagée élaborée par et avec l’UdN, Colibris cherche au travers de l’intelligence collective et la coopération à explorer ce que partager le pouvoir veut dire et ce que vivre un fonctionnement citoyen suscite.

Il peut être observé que si l’élan et les références de Colibris ne viennent pas du monde politique militant, il n’en demeure que le fonctionnement interne est bien porteur d’une éthique et de pratiques sociales et solidaires alternatives aux pratiques hiérarchiques dominantes. En cela, ces enjeux pourraient bien converger avec les aspirations politiques du journaliste Jean-Baptiste Malet et de certains milieux militants.

Par ailleurs, face aux développements de l’association et des besoins de savoir-faire et être ensemble grandissant dans notre société, la nécessité d’instituer un système de Gouvernance Partagée s’exprime encore plus profondément, favorisant ainsi une capacité d’agir durable et étendue des personnes et collectifs (de travail, d’habitat, de bénévoles) engagés.

Il nous semble important de souligner que Colibris existe aussi au travers de cette expérience coopérative, s’assurant alors de pouvoir rebondir dans l’altérité.

 

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Pourquoi l’UdN décide de devenir une plateforme ?
UdN
universitedunous
mars 25, 2018
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Une pédagogie expérientielle qui a fait ses preuves pour permettre un changement de posture individuelle et de culture


En quelques années, l’UdN a acquis une renommée nationale, voire européenne,
de par la particularité de sa pédagogie, déployée au travers de séminaires expérientiels en résidentiel : les Ateliers du Nous (AdN), puis le Parcours Leader & Souteneur Coopératifs (LSC).

Ces séminaires sont développés autour de la notion d’”expérience apprenante” : les savoir-être et les savoir-faire acquis par les participants ne sont pas transmis par un formateur, mais acquis au travers d’une expérience réelle de coopération, le groupe se mettant au service d’une mission d’intérêt collectif, durant le stage ou le parcours. Cette expérience est facilitée par une équipe d’animateurs qui fonctionne avec les outils proposés, et pilote le stage de manière dynamique en fonction de ce qui est vivant dans le groupe. En alternant temps d’expérienciation, de débriefing de l’expérience ou d’exploration sensible par des activités corporelles ou artistiques, ce dispositif d’apprentissage permet bien plus que l’acquisition de nouveaux outils : il permet aux participants de se reconnecter à leur humanité profonde et à leur plus belle posture de coopération. Ces expériences apprenantes ont été proposées, soit à des particuliers réunis le temps du stage, soit à des organisations dans le cadre d’accompagnements sur la durée.

L’impact sur les personnes qui les ont vécues fait qu’elles conservent, longtemps après, un lien très fort à l’UdN et entre elles. Le bouche à oreille a fait son oeuvre, générant toujours plus de demande pour nos séminaires et nos accompagnements.

Pour répondre à cette demande croissante, nous intégrons et formons régulièrement de nouveaux animateurs. Mais former un animateur à ces démarches pédagogiques prend du temps, ou plutôt nous choisissons de le prendre, quitte à ce que nos ressources ne croissent pas assez vite par rapport à la demande. Car même si nous le pouvions, est-il souhaitable, est-il soutenable, de rentrer dans cette spirale d’investissement et de croissance exponentielle de nos ressources ? De devenir une méga structure de la formation et de l’accompagnement, perdant ainsi notre identité d’artisans ?

Une pédagogie qui trouve ses limites en terme d’impact et d’autonomisation

Si cette pédagogie a fait ses preuves et le succès de l’UdN, elle demeure limitée en terme d’impact. En effet, ce format mobilise des ressources importantes (hébergement et restauration en pension complète durant 3 jours, 1 animateur pour 5 participants…), ce qui limite son accessibilité, notamment pour les acteurs de la transition.

De plus, l’absence de dispositif d’accompagnement à la mise en pratique post-expérience, limite l’autonomisation des participants, qui ont très souvent exprimé des besoins similaires :

  • être en lien régulier avec des personnes qui sont sur le chemin,
  • s’entraîner dans des lieux de pratique réguliers et adaptés à leurs niveaux de maîtrise, notamment pour apprendre à faciliter,
  • trouver le bon le rythme et le bon dosage pour intégrer ces pratiques dans leur terreau organisationnel,
  • savoir en parler et faire découvrir à des personnes novices pour être en mesure d’intégrer régulièrement de nouvelles personnes…

L’accompagnement d’organisation permet de répondre en grande partie à ces besoins pour les structures qui ont fait un choix clair de s’engager sur cette voie. Néanmoins, le coeur de ces accompagnements étant lui aussi constitué d’expériences apprenantes de ce type, l’équation à résoudre demeure complexe pour réussir à engager le temps et l’argent nécessaire à ce chemin de transformation. Pour peu que la structure ait des ressources financières limitées, une diversité importante de parties prenantes en renouvellement permanent, ce chemin devient un labyrinthe qui rend fastidieux l’intégration et la stabilisation de pratiques de gouvernance innovantes. C’est notamment le cas des structures de l’ESS et de la transition, pourtant le coeur de cible du projet social de l’UdN.

Alors comment éviter que ces nouvelles formes d’organisations ne soient accessibles qu’à des personnes ou des organisations qui ont les moyens financiers suffisants pour le faire ? Comment éviter de créer des mécanismes de dépendance entre ces organisations pionnières et les animateurs de l’UdN ? Comment stimuler la pollinisation et le croisement de ces méthodes dans tous les champs de la société ?

AUJOURd'HUI

Des communs numériques qui permettent la dissémination mais pas l’apprentissage en profondeur

Le MOOC Gouvernance Partagée, que nous avons produit en 2017 avec le Mouvement Colibris, était un début de réponse à cet enjeu. En proposant des contenus « open source », accessibles gratuitement et téléchargeables pour être réutilisés en dehors du MOOC, notre ambition était de soutenir les personnes qui portent ces changements de gouvernance. Pari réussi dans la mesure où nous avons eu de nombreux retours d’expérience d’organisations qui se sont servi de ce MOOC comme un parcours de formation de tous leurs membres, voir comme prérequis au recrutement. Néanmoins, quelle que soit la qualité des contenus créés, ils ne permettent qu’un niveau de découverte de ces pratiques, car comme disait Einstein : “la connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information….” !

Alors, comment démultiplier à la fois la dissémination de ces concepts, et l’ancrage dans le vécu de l’expérience, sans pour autant démultiplier notre modèle de ressources ? En changeant de cible et en faisant alliance !

Plutôt que chercher à répondre à l’ensemble des besoins des organisations et de leurs membres, nous décidons de soutenir avant tout ces personnes qui cultivent la coopération au quotidien dans leurs organisations, les Jardinier.e.s du Nous. Nous faisons le pari de leur autonomisation, pour que demain ces Jardinier.e.s soient en mesure de faciliter ces expériences apprenantes de manière autonomes et de proposer des espaces d’apprentissage en ligne adaptés à leurs membres, à leurs besoins et à leur culture d’organisation.

Pour ce faire, ils/elles auront accès :

  • à une plateforme numérique,
  • à une base de communs de la connaissance à partager,
  • et à des espaces de co-apprentissage et de création de communs, les Jardins du nous, pour expérimenter, s’entraîner, s’entraider.

De plus, pour soutenir cette montée en compétence autonome, ils/elles pourront faire appel à des professionnel.le.s pour animer des séminaires de formation spécifiques à leurs besoins, des séances de co-développement, de co-vision ou de supervision.

Et parce que, même en changeant de cible, nous ne serons jamais assez nombreux pour soutenir ces Jardinier.e.s, il s’agit de faire alliance avec tous les professionnels de la formation et de l’accompagnement qui sont prêts à s’engager dans cette logique de coopération, d’autonomisation des communautés apprenantes et de création de communs de la connaissance sur le Faire Ensemble. Nous les appelons les Compagnons du Nous.

DEMAIN

C’est pourquoi l’UdN décide de muter, en profondeur et de devenir une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC), pour sceller dans une même gouvernance cette coopération entre Compagnon.ne.s et Jardinier.e.s du Nous, engagé.e.s à cultiver ensemble l’autonomie et les communs.

HUM! Logo Générique Bloc vert RVB-300dpi

La coopérative Hum ! sera la première coopérative de compagnons, et testera cette nouvelle façon “d’accompagner à s’accompagner soi-même”, avant d’être, nous l’espérons, rejointe par d’autres.

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