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Pourquoi l’UdN décide de devenir une plateforme ?
UdN
le 25 mars 2018
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Une pédagogie expérientielle qui a fait ses preuves pour permettre un changement de posture individuelle et de culture

En quelques années, l’UdN a acquis une renommée nationale, voire européenne, de par la particularité de sa pédagogie, déployée au travers de séminaires expérientiels en résidentiel : les Ateliers du Nous (AdN), puis le Parcours Leader & Souteneur Coopératifs (LSC).

Ces séminaires sont développés autour de la notion d’”expérience apprenante” : les savoir-être et les savoir-faire acquis par les participants ne sont pas transmis par un formateur, mais acquis au travers d’une expérience réelle de coopération, le groupe se mettant au service d’une mission d’intérêt collectif, durant le stage ou le parcours. Cette expérience est facilitée par une équipe d’animateurs qui fonctionne avec les outils proposés, et pilote le stage de manière dynamique en fonction de ce qui est vivant dans le groupe. En alternant temps d’expérienciation, de débriefing de l’expérience ou d’exploration sensible par des activités corporelles ou artistiques, ce dispositif d’apprentissage permet bien plus que l’acquisition de nouveaux outils : il permet aux participants de se reconnecter à leur humanité profonde et à leur plus belle posture de coopération. Ces expériences apprenantes ont été proposées, soit à des particuliers réunis le temps du stage, soit à des organisations dans le cadre d’accompagnements sur la durée.

L’impact sur les personnes qui les ont vécues fait qu’elles conservent, longtemps après, un lien très fort à l’UdN et entre elles. Le bouche à oreille a fait son oeuvre, générant toujours plus de demande pour nos séminaires et nos accompagnements.

Pour répondre à cette demande croissante, nous intégrons et formons régulièrement de nouveaux animateurs. Mais former un animateur à ces démarches pédagogiques prend du temps, ou plutôt nous choisissons de le prendre, quitte à ce que nos ressources ne croissent pas assez vite par rapport à la demande. Car même si nous le pouvions, est-il souhaitable, est-il soutenable, de rentrer dans cette spirale d’investissement et de croissance exponentielle de nos ressources ? De devenir une méga structure de la formation et de l’accompagnement, perdant ainsi notre identité d’artisans ?

Une pédagogie qui trouve ses limites en terme d’impact et d’autonomisation

Si cette pédagogie a fait ses preuves et le succès de l’UdN, elle demeure limitée en terme d’impact. En effet, ce format mobilise des ressources importantes (hébergement et restauration en pension complète durant 3 jours, 1 animateur pour 5 participants…), ce qui limite son accessibilité, notamment pour les acteurs de la transition.

De plus, l’absence de dispositif d’accompagnement à la mise en pratique post-expérience, limite l’autonomisation des participants, qui ont très souvent exprimé des besoins similaires :

  • être en lien régulier avec des personnes qui sont sur le chemin,
  • s’entraîner dans des lieux de pratique réguliers et adaptés à leurs niveaux de maîtrise, notamment pour apprendre à faciliter,
  • trouver le bon le rythme et le bon dosage pour intégrer ces pratiques dans leur terreau organisationnel,
  • savoir en parler et faire découvrir à des personnes novices pour être en mesure d’intégrer régulièrement de nouvelles personnes…

L’accompagnement d’organisation permet de répondre en grande partie à ces besoins pour les structures qui ont fait un choix clair de s’engager sur cette voie. Néanmoins, le coeur de ces accompagnements étant lui aussi constitué d’expériences apprenantes de ce type, l’équation à résoudre demeure complexe pour réussir à engager le temps et l’argent nécessaire à ce chemin de transformation. Pour peu que la structure ait des ressources financières limitées, une diversité importante de parties prenantes en renouvellement permanent, ce chemin devient un labyrinthe qui rend fastidieux l’intégration et la stabilisation de pratiques de gouvernance innovantes. C’est notamment le cas des structures de l’ESS et de la transition, pourtant le coeur de cible du projet social de l’UdN.

Alors comment éviter que ces nouvelles formes d’organisations ne soient accessibles qu’à des personnes ou des organisations qui ont les moyens financiers suffisants pour le faire ? Comment éviter de créer des mécanismes de dépendance entre ces organisations pionnières et les animateurs de l’UdN ? Comment stimuler la pollinisation et le croisement de ces méthodes dans tous les champs de la société ?

AUJOURd'HUI

Des communs numériques qui permettent la dissémination mais pas l’apprentissage en profondeur

Le MOOC Gouvernance Partagée, que nous avons produit en 2017 avec le Mouvement Colibris, était un début de réponse à cet enjeu. En proposant des contenus « open source », accessibles gratuitement et téléchargeables pour être réutilisés en dehors du MOOC, notre ambition était de soutenir les personnes qui portent ces changements de gouvernance. Pari réussi dans la mesure où nous avons eu de nombreux retours d’expérience d’organisations qui se sont servi de ce MOOC comme un parcours de formation de tous leurs membres, voir comme prérequis au recrutement. Néanmoins, quelle que soit la qualité des contenus créés, ils ne permettent qu’un niveau de découverte de ces pratiques, car comme disait Einstein : “la connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information….” !

Alors, comment démultiplier à la fois la dissémination de ces concepts, et l’ancrage dans le vécu de l’expérience, sans pour autant démultiplier notre modèle de ressources ? En changeant de cible et en faisant alliance !

Plutôt que chercher à répondre à l’ensemble des besoins des organisations et de leurs membres, nous décidons de soutenir avant tout ces personnes qui cultivent la coopération au quotidien dans leurs organisations, les Jardinier.e.s du Nous. Nous faisons le pari de leur autonomisation, pour que demain ces Jardinier.e.s soient en mesure de faciliter ces expériences apprenantes de manière autonomes et de proposer des espaces d’apprentissage en ligne adaptés à leurs membres, à leurs besoins et à leur culture d’organisation.

Pour ce faire, ils/elles auront accès :

  • à une plateforme numérique,
  • à une base de communs de la connaissance à partager,
  • et à des espaces de co-apprentissage et de création de communs, les Jardins du nous, pour expérimenter, s’entraîner, s’entraider.

De plus, pour soutenir cette montée en compétence autonome, ils/elles pourront faire appel à des professionnel.le.s pour animer des séminaires de formation spécifiques à leurs besoins, des séances de co-développement, de co-vision ou de supervision.

Et parce que, même en changeant de cible, nous ne serons jamais assez nombreux pour soutenir ces Jardinier.e.s, il s’agit de faire alliance avec tous les professionnels de la formation et de l’accompagnement qui sont prêts à s’engager dans cette logique de coopération, d’autonomisation des communautés apprenantes et de création de communs de la connaissance sur le Faire Ensemble. Nous les appelons les Compagnons du Nous.

DEMAIN

C’est pourquoi l’UdN décide de muter, en profondeur et de devenir une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC), pour sceller dans une même gouvernance cette coopération entre Compagnon.ne.s et Jardinier.e.s du Nous, engagé.e.s à cultiver ensemble l’autonomie et les communs.

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La coopérative Hum ! sera la première coopérative de compagnons, et testera cette nouvelle façon “d’accompagner à s’accompagner soi-même”, avant d’être, nous l’espérons, rejointe par d’autres.

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L’Université du Nous mue !
UdN
le 5 mars 2018
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Au printemps 2017, le MOOC sur la Gouvernance partagée en collaboration avec Colibris était une première mondiale. Il a touché plus de 15 000 personnes dans 52 pays, les webinaires ont été suivis par plus de 5 000 personnes, tandis que la plateforme de formation enregistrait la diffusion de plus de 56 000 heures, soit 8 000 jours de formation.Imaginé comme une communauté apprenante pour relier et soutenir les explorateurs du Faire Ensemble, il a donné lieu à 140 rencontres locales et 230 groupes de pairs au fil des 12 semaines.
L’UdN souhaite aujourd’hui aller plus loin et transformer ce succès en faisant évoluer cette communauté apprenante en ligne en communauté autonome. Par le numérique pour stimuler ses expérimentations, la communauté pourrait alors devenir créatrice de communs de la connaissance sur le Faire Ensemble.
En Juillet 2017, sa raison d’être est devenue “Faire humanité / Explorer la posture de coopération / Cultiver l’autonomie et les communs” et sa stratégie : incuber un projet stratégique de plateforme coopérative réunissant usagers et producteurs de ces nouvelles formes de gouvernance qui contribuent à soutenir la transition démocratique et écologique.
Bien plus qu’un nouveau projet pour l’UdN, il s’agit là d’une profonde mutation que nous vous invitons à suivre ici.
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Quelles suites pour la communauté d’apprentissage  ?
UdN
le 22 décembre 2017
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Nous sommes en phase d’intégration, d’évaluation et de co-création des suites du MOOC. Pour cela, nous analysons les formulaires, réalisons des entretiens auprès des participants du MOOC (notamment grâce à l’action déterminée de la promotion du Parcours LSC#6) ou de nos partenaires. Ces résultats et les suites imaginées seront partagées prochainement et lancerons un cycle de rencontres/conférences/webinaires pour en construire les contours avec les forces vives de notre communauté.

En effet, l’année 2018 sera consacrée à la co-construction des fondations (identité, gouvernance,  modèle économique, ingénierie pédagogique, modalités d’animation, outils numériques…) et à la co-production d’activités pour faire vivre cette communauté émergente à travers notamment des webinaires, des rencontres et des événements, une production de contenus d’approfondissement… etc.

Une fois qu’elle sera structurée, outillée, autonome et vivante, nous pourrons nous lancer ensemble dans un cycle d’élargissement de celle-ci.

Ce nouveau cycle débutera en janvier 2019, par le lancement d’une version revisitée du MOOC Gouvernance Partagée avec Colibris. Il sera allégé afin de pouvoir toucher le plus grand monde et permettre une porte d’entrée plus large à tous ceux qui souhaitent intégrer la communauté apprenante du Faire Ensemble.

En attendant, voici quelques images « bêtisiers » de l’édition 2017 de notre MOOC. A savourer !

Et pour ceux qui n’auraient pas accès à la plateforme du MOOC précédent, quelques vidéos et outils pédagogiques sur le Consentement. C’est cadeau ! 😉

• Les 3 étapes du consentement
• Film de simulation d’une décision par consentement
• Vidéo La philosophie du consentement
• La fiche interactive Gestion par Consentement
• La fiche pédagogique en FR et GB

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De la résilience des informations
La forêt qui pousse
le 22 décembre 2017
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RW-logo_Haute_ResolutionEn partenariat avec l’Université du Nous, l’association ResiWay sensibilise à la résilience des informations facilitant la Transition écologique et l’Agir ensemble. Elle propose des solutions pour que les savoirs de qualité soient durables, connus d’un large public et ne soient pas perdus en cas de blackout ou d’effondrement.

Un peu d’histoire

De la numérisation des communications…
Dans les années 1960, quand le département de la Défense des Etats-Unis commandita la réalisation du projet ARPAnet – communément considéré comme l’ancêtre d’Internet –, sa volonté était de mettre en place un réseau de communication à la fois rapide et robuste. Un des objectifs était alors que ce réseau devait rester opérationnel même dans l’éventualité de la destruction de 90 % de son infrastructure : un bel exemple technologique de résilience. Cinquante ans plus tard, tant la quantité de serveurs que le nombre d’utilisateurs et l’importance économique de ce qu’est devenu Internet ont considérablement augmenté. Au point que de nombreuses personnes considèrent que l’humanité est entrée dans un nouvel âge : l’ère numérique.

…  à celle des informations
Au sens large, une information est une donnée permettant à l’individu de se construire une représentation du monde et d’interagir avec celui-ci de manière appropriée. Une information peut donc être véhiculée de différentes façons, mais quelle que soit sa forme (connexions neuronales, voix, texte, ondes électromagnétiques, flux binaire, …), elle implique nécessairement un codage et un protocole définissant les règles de la transmission. Des concepts très faciles à manipuler pour les ordinateurs, à condition que les informations soient stockées de manière numérique.
Ainsi, au XXIème siècle, c’est également l’usage d’Internet qui évolue. D’un media de communication, cet outil devient peu à peu un media de stockage des connaissances. Et les pronostics sur l’évolution des technologies laissent présager que dans un avenir poche, Internet pourrait bien détenir l’exclusivité de ce stockage.

Une confiance aveugle ?

Cependant, l’analyse du fonctionnement d’Internet met en évidence des faiblesses systémiques :
•    Moins de 1‰ des serveurs constituant Internet prennent en charge les fonctions de routage (guidant les données depuis le client pour atteindre le serveur) et de DNS (traduisant les noms de domaine en adresses IP). Il suffirait que ceux-ci ne répondent plus pour rendre inaccessible la quasi-totalité des informations hébergées sur le réseau.
•    Le nombre d’utilisateurs et d’appareils connectés, et donc de données à transférer, suit une progression géométrique. Une incapacité technologique à suivre ce rythme impliquerait un ralentissement global de l’accès aux données.
•    La consommation énergétique d’Internet suit également une courbe exponentielle. Une insuffisance dans la production électrique alimentant les serveurs ou les appareils permettant de s’y connecter signifierait une indisponibilité à répétition des informations.
•    Tant les contenus que les applications de diffusion évoluent en permanence. Au point que la durée de vie moyenne d’un lien sur Internet – c’est-à-dire le temps durant lequel une ressource est effectivement accessible via un lien renseigné depuis une page web – n’est actuellement que de 1.132 jours (soit environ 3 ans).

Il semble donc difficile de garantir que notre patrimoine, ainsi numérisé, restera toujours disponible. L’exemple d’Ekopedia illustre bien ce propos. Cette encyclopédie de l’écologie, forte de plusieurs milliers de pages d’informations pratiques issues de la contribution de près de 6000 participants a bien failli disparaître définitivement.

information resilience
Des outils numériques résilients

Mais même s’il n’apparaît pas comme un média durable sous sa forma actuelle, Internet n’en reste pas moins un réseau d’échange mondial qui présente un formidable potentiel pour aider les humains à s’organiser et à les mener « vers un bel avenir ».
Dans cette perspective, la façon dont on l’utilise importe sans doute davantage que le media lui-même. C’est dans cet esprit que l’association ResiWay propose des outils de partage d’information dont l’usage pourrait être qualifié de « résilient » :

Duplicable

L’outil doit pouvoir être intégralement copié. C’est-à-dire que les informations qu’il contient doivent être libres, consultables par tous (anonymement ou non) et publiées avec des droits d’auteur permettant leur libre diffusion.
Ubiquitaire
Il doit être accessible à plusieurs endroits et permettre des opérations de sauvegardes afin de pouvoir en conserver des copies.
Trans-médiatique
Les informations qu’il héberge doivent être indépendantes de celui-ci et être disponibles sous une variété de médias (application en ligne, logiciel applicatif sans connexion à Internet, version papier).

Ces caractéristiques, détaillées dans la « charte pour une plateforme résiliente », sont communes aux outils supportés par l’association RésiWay (AISBL) au sein de la plateforme collaborative qu’elle propose :
•   ResiLib, une bibliothèque multilingue de documents open source pour la diffusion et la réappropriation des savoir-faire. On y trouve notamment des PDF de l’Université du Nous (La gestion par consentement ou Les 6 chapeaux d’Edward de Bono)
•   ResiExchange, un outil d’échange d’informations sur les thèmes de la transition, la Permaculture, le Faire-ensemble. Parmi les questions posées, il y a par exemple celle d’un participant qui cherche des professeurs formés aux outils de coopération (par ex. à l’UdN).
•   Ekopedia, une encyclopédie alternative écrite coopérativement dont l’objectif est de proposer des connaissances pratiques, des éléments nouveaux d’économie, et des techniques et technologies appropriées.

ResiWay - RE accueil

Des informations résilientes : la technologie au service de l’organisation humaine, et non le contraire

Enfin, ne perdons pas de vue que l’objectif de la transmission des informations est avant tout de servir l’Humain. À l’image de la prise de conscience de la dépendance de nos villes aux énergies fossiles, nous devons penser notre autonomie face aux outils numériques afin que ceux-ci ne se substituent pas à la connaissance elle-même. Et si ce qui importe est l’accès aux données alors, plus que des disques durs, c’est le nombre de cerveaux humains détenteurs des savoirs qui fait la résilience de ces derniers. A quoi bon disposer d’un disque dur contenant tous les savoirs de l’humanité si l’on n’a pas d’ordinateur pour les consulter ?
C’est pourquoi ResiWay se veut le relais des informations pratiques facilitant la transition écologique, à tester chez vous, à partager avec vos voisins, à expérimenter avec des acteurs de terrain. Sans oublier de revenir donner votre feedback sur ResiWay pour augmenter les Communs et en faire profiter le plus grand nombre !

Alors, bonne transition et à bientôt sur www.resiway.org
ou sur Facebook
Cédric et Isabelle Françoys – de Brabandere
ResiWay, un bel avenir pour l’Humain

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